Après des années d’amélioration, la déforestation repart au Brésil

Pour la première fois en 10 ans, la deforestation a repris au Brésil. (photo flickr/pedrobiondi)
 Pour la première fois en 10 ans, la deforestation a repris au Brésil. (photo flickr/pedrobiondi)

La bataille du Brésil contre la déforestation fait partie des rares « success stories » en terme d’environnement. Entre 2005 et 2012, la quantité de forêt amazonienne rasée chaque année a diminué de 70%. Malheureusement, il semblerait que la courbe ait recommencé à grimper depuis 2013, explique le site d’information américain Vox. Une donnée confirmée par les images satellitaires de la forêt durant la seconde moitié de 2014.

(Imazon)
(Imazon)

L’association brésilienne Imazon, qui a suivi l’évolution de la déforestation au Brésil ces dernières années, est catégorique. Selon elle, 1660 kilomètres carrés de forêt tropicale ont été débités entre août 2014 et janvier 2015, soit le triple de la quantité autorisée l’année précédente.

Particulièrement touchés, les États de Mato Grosso et de Rondônia, dans l’Ouest, ont vu leur forêt brulée pour laisser place à des cultures et des pâturages. Dans l’État de Para, dans le Nord, l’exploitation illégale de la forêt semble aussi être en hausse, comme le montre la carte ci-dessous, où les zones victimes de déforestation sont indiquées par des points rouges.

(Imazon)
(Imazon)

La disparition de la forêt amazonienne est particulièrement préoccupante dans le cadre où le phénomène a largement contribué à l’agrandissement du trou dans la couche d’ozone et donc au réchauffement climatique. Quand des pans entiers de forêt sont brûlés, tout le dioxyde de carbone stocké dans les arbres monte dans l’atmosphère. La déforestation a évidemment aussi un impact sur la faune amazonienne, la plus riche au monde et la plus menacée.

Pourquoi la déforestation repart depuis 2013 ? Selon certains écologistes, la faute est a imputée à Dilma Rousseff, présidente du Brésil depuis 2011. Sa politique aurait contribué à affaiblir le code forestier. L’amnistie offerte aux braconniers des forêts qui ont agi avant 2008 aurait aussi pu encourager des bucherons illégaux à passer à l’action, estiment les écologistes. Enfin, les projets de routes et de barrages menés par Dilma Rousseff depuis son élection ont inévitablement eu des répercussions sur la forêt.

Cependant, les experts ont longtemps averti que la diminution de la déforestation ne pourrait pas durer indéfiniment sans mesures politiques majeures. Car les solutions trouvées en 2005 – la protection de plusieurs zones forestières et de la pression mise par les militants sur les industries bovines et du soja – ne répondent plus aux problématiques d’aujourd’hui.

Selon une étude parue en 2014 dans Actes de l’Académie américaine des sciences, le nouveau principal danger pour la forêt amazonienne se trouve être les petits agriculteurs qui sont contraints de défricher la foret pour subvenir à leurs besoins. Les auteurs de l’étude recommandent donc d’utiliser d’autres solutions avec ces agriculteurs que les moyens de pression appliqués aux multinationales. Ils estiment que la seule solution viable serait de verser des subventions à ces agriculteurs pour diminuer la pauvreté dans ce secteur ou verser des primes à ceux qui ne défrichent pas la forêt.

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