Aux États-Unis, le combat des transgenres pour choisir leurs toilettes publiques

(photo flickr/Bart Everson)
(photo flickr/Bart Everson)

En Floride et au Texas, des propositions de lois tendent à rendre illégal pour les personnes transgenres d’utiliser les toilettes dans des établissements recevant du public qui correspondent à leur nouvelle identité. Dans le Kentucky, un projet de loi similaire prévoit de s’appliquer également aux sanitaires dans les établissements scolaires. Pourquoi de telles lois ? Les législateurs avancent que permettre aux transsexuels de choisir leurs toilettes favoriserait le harcèlement sexuel et mettrait les femmes en danger.

Michael Hughes, un transsexuel américain, a lancé la semaine dernière le hashtag #WeJustNeedToPee (nous voulons seulement faire pipi). A travers ce hashtag relayé sur Twitter, l’homme a voulu montrer l’injustice de lois qu’il considère comme transphobes.

« Est-ce que j’ai l’air d’être à ma place dans les toilettes des femmes ? Les républicains veulent faire passer une loi m’obligeant à venir ici, sur la base de mon genre de naissance. Les transsexuels ne vont pas aux toilettes pour vous espionner ou vous faire du mal. #NousVoulonsSeulementFairePipi. »

« J’ai commencé à utiliser les toilettes des hommes plusieurs années avant ma transition. J’ai mal vécu d’utiliser les toilettes pour femmes pendant la majorité de ma vie d’adulte », a déclaré Michael Hughes à Buzzfeed. « J’aimerais pouvoir utiliser les toilettes des hommes sans me poser aucune question, mais c’est un privilège que peu de personnes transgenres ont, surtout dans les premiers mois de transition ».

Si les photos de Michael Hughes ont autant de succès sur les réseaux sociaux, c’est parce qu’elles dépeignent l’impact qu’auraient ces lois sur la réalité si elles entraient en application. En France, la question des droits transgenre n’a pas connu assez d’avancées pour que celle, peut-être plus “anecdotique”, du choix des toilettes attire l’attention, déplore Delphine Ravisé-Giard, de l’Association nationale transgenre (ANT). “Le principal problème en France c’est qu’il n’existe pas de loi régissant le changement d’état civil”, explique-t-elle. Il faut qu’une personne soit diagnostiquée atteinte de “transsexualisme” et qu’elle ait subi un “processus irréversible de changement de sexe” pour pouvoir modifier son acte de naissance. “En clair, il faut qu’une personne soit reconnue atteinte d’une maladie imaginaire et qu’elle se soit faite stérilisée chirurgicalement pour pouvoir officiellement être elle-même”, regrette la jeune femme.

Delphine Ravisé-Giard, comme tous les membres de la communauté LGBT, espère que la France emboitera bientôt le pas à l’Argentine et au Danemark, qui ont respectivement rendu possible le changement de sexe à l’état civil libre et gratuit en 2012 et 2014.

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