A travers le monde, vague de soutien aux 150 villages aborigènes d’Australie menacés de suppression

 Les dernières déclarations du premier ministre australien concernant la suppression de 150 villages aborigènes en raison de leur coût social et financier indignent les Australiens du monde entier.

(photo flickr/Steve Evans)
(photo flickr/Steve Evans)

Nous ne pouvons pas éternellement subventionner des choix de vie si ces choix de vie ne permettent pas [à leurs bénéficiaires] de participer pleinement à la société australienne. » La dernière sortie de Tony Abbott concernant les 670 000 Aborigènes qui vivent sur le territoire a révolté les Australiens jusque dans la famille politique du premier ministre. Le chef du gouvernement a estimé il y a 10 jours que le contribuable avait assez payé pour les Aborigènes d’Australie et qu’il souhaitait supprimer 150 des 270 communautés du pays.

C’est surtout l’expression « choix de vie » qui a provoqué le tollé. Présents depuis au moins 40 000 ans sur le territoire australien, les Aborigènes vivent pour la plupart dans des communautés isolées, loin de la civilisation. Sans réelles ressources, ils subsistent majoritairement grâce aux aides sociales. « Vivre dans des villages reculés n’est pas une question de choix, c’est l’essence même de la culture aborigène, qui implique une connexion profonde avec la terre où l’on naît, où l’on vit, avec laquelle un lien spirituel ineffable s’est créé », a rappelé à l’AFP Tammy Solonec, responsable des « questions indigènes » pour Amnesty International.

Outre les 2000 personnes qui se sont rassemblées jeudi devant le parlement à Perth, des Australiens et des partisans de la cause aborigène du monde entier se sont manifestés pour soutenir les quelque 150 villages menacés de disparition. Des internautes de tous les pays, des étudiants australiens en échange universitaires – comme à Lyon, voir photo ci-dessous –, des célébrités telles que Hugh Jackman, Quincy Jones ou les joueurs de la ligue de football australienne ont pris part à la vague de soutien.

(photo Maxime Lelong pour 8e étage)
(photo Maxime Lelong pour 8e étage)

Même le principal conseiller aux affaires indigènes de Tony Abbott, Warren Mundine, s’est indigné : « Ces gens vivent sur leurs terres originelles. Il s’agit de leur vie, de leur essence même, de leur culture même ! ». Les propos de Tony Abbott passent d’autant plus mal que le premier ministre avait juré fin décembre de « suer sang et eau » pour la reconnaissance de la communauté dans la Constitution. Il avait par ailleurs répété maintes fois durant sa campagne de 2013 qu’il passerait une semaine par an sous une tente, dans une communauté aborigène, s’il devenait premier ministre.

Malgré tout, la majorité de la classe politique s’accorde à dire qu’une réflexion sur le statut des Aborigènes d’Australie est indispensable. La population connaît une espérance de vie inférieure de dix ans à celle du reste du pays, tandis que le taux de mortalité des enfants aborigènes est deux fois plus élevé que dans le reste du pays. La violence et les abus sexuels restent également des problèmes qui avaient contraint les autorités à fermer la communauté d’Oombulgurri en 2011.

Recommandé pour vous

0 commentaires