L’Iran a recours à des « bateaux-béliers » pour couler les bateaux de pêche illégaux

(capture YouTube)
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Quand les méthodes douces ne suffisent plus, il faut savoir sortir les grands moyens. Malgré les multiples saisies d’embarcations, rien ne semble dissuader les pêcheurs illégaux qui viennent chasser l’esturgeon depuis des années dans la zone protégée de la péninsule de Miankaleh, sur les bords de la mer Caspienne. Les gardes côtes iraniens ont donc décidé d’avoir recours à une méthode beaucoup plus radicale : ils percutent les bateaux pour les briser avant de laisser les pécheurs à l’eau.

Une vidéo filmée le 17 mars dernier montre un bateau de pêche se faire foncer dessus par une embarcation des gardes côtes avant que le caméraman lui-même – un braconnier de la mer aussi – se fasse à son tour prendre pour cible par une seconde embarcation de gardes côtes. Le site d’information The Observers a interrogé Hor Mansouri, défenseur de l’environnement, à propos de ces images. Selon lui, la méthode employée par les autorités iraniennes est récente et fait suite à une série d’articles publiés dans la presse sur la pêche illégale. Notamment, c’est un nouveau stratagème utilisé par les braconniers depuis quelques temps et que la presse locale a relayé qui aurait mis le feu aux poudres.

« Les pêcheurs fabriquent des bateaux qu’ils appellent “angelikas”. Ce sont des embarcations très peu coûteuses et rudimentaires, construites à partir de chambres à air de tracteurs, remplies de ballons », explique Hor Mansouri sur The Observers. L’intérêt d’un bateau aussi bon marché : la saisie par les autorités est moins redoutée. Malgré tout, la nouvelle méthode des autorités est selon lui disproportionnée et dangereuse. Même s’ils représentent un grand danger pour l’écosystème, les pécheurs ne sont pas armés, il serait donc plus judicieux d’augmenter les amendes et d’arrêter les contrevenants explique-t-il.

Le défenseur de l’environnement tient à rappeler que beaucoup de ces pécheurs sont issus de la communauté sistani, originaire de la région du lac Hamoun, dans le sud-est de l’Iran, qui vivait principalement de la pêche jusque dans les années 1980, avant que le lac ne s’assèche. Beaucoup ont migré vers le nord pour retrouver un travail. Arrivés dans la péninsule de Miankaleh, certains ont continué à pécher, malgré l’interdiction émise en raison de la biodiversité considérée comme l’une des plus riches du monde par l’ONU.

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