Cure de désintox militaire pour les Chinois addicts aux jeux vidéo et à Internet

(photo d'illustration)
(photo d’illustration)

Situé dans la banlieue de Pékin, le Centre chinois pour le développement mental des jeunes représente la nouvelle arme du gouvernement de Xi Jinping pour lutter contre ce qu’il considère comme un fléau : l’addiction à Internet. Avec à sa disposition une armada de thérapies, le tout dans un camp mené à la baguette par un colonel de l’armée chinoise, le centre a pour vocation de soigner les jeunes du pays qui passent trop de temps devant les jeux vidéo ou à chatter sur Internet.

Un lieu dans lequel les pensionnaires vont rarement par choix, comme Wang, un jeune Chinois de 18 ans interrogé par la Kantor Berita Radio : « Je me dispute sans cesse avec mes parents et au lieu de rentrer chez moi après les cours pour faire mes devoirs, je traine dans un cyber café. La première fois que j’ai vu les psychologues, j’ai commencé par pleurer parce que mes parents m’avaient piégé. Ils m’avaient dit que nous allions passer une journée à Pékin et à la place ils m’ont emmené ici. Ils veulent juste que j’étudie pour pouvoir gagner de l’argent ».

Avec un coût d’un millier de dollars par mois et par personne, le centre accueille en majorité des patients issus de familles aisées, a raconté son directeur à la radio. « Ce sont généralement des enfants de fonctionnaires du régime ou d’hommes d’affaires qui mettent beaucoup de pression sur leurs enfants. C’est une situation qui créé du conflit et des complexes d’infériorité ». Si au départ le camp accueillait principalement des jeunes âgés d’environ 18 ans, la thérapie est désormais aussi ouverte aux adolescents à partir de 12 ans. 90% des patients sont des hommes.

En plus d’un accompagnement par des psychologues et d’un éloignement de ce qui les a mené au centre, les patients doivent faire de l’exercice, principalement des sports collectifs pour se resociabiliser, explique l’équipe. « Quand ils arrivent ici, ils sont faibles en raison de leur manque d’activité physique et de leur mauvais style de vie ». Une fois par semaine, les parents aussi rejoignent le camp pour apprendre à mettre moins de pression sur leurs enfants. Une centaine de jeunes passeraient par le centre chaque mois, avec un taux de réussite de près de 85%, explique le directeur.

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