Des tests de compatibilité génétique responsables de 165 000 ruptures en Arabie Saoudite

 L’année dernière, plus de centaine de milliers de couples ont renoncé à se marier dans la monarchie du golfe. La raison ? Les résultats des examens de santé pré-maritaux obligatoires auraient montré des “incompatibilités génétiques”.

(photo Flickr/ EVITAS WEBFOTOS)
(photo Flickr/ Evitas Webphotos)

Ils sont 165 000 à s’être dit non. En Arabie Saoudite, avant de pouvoir se marier, il est obligatoire de se soumettre à une batterie d’examens de santé, et ce depuis novembre 2013, dans le but de garantir des “mariages sains”. L’objectif étant de dépister l’existence de prédispositions à un certain nombre de maladies génétiques – comme la drépanocytose (anémie des cellules falciformes), la thalassémie ou encore le VIH – et ainsi d’éviter aux futurs époux tout risque de transmettre involontairement des maladies héréditaires à leurs enfants.

Les résultats de ces tests sont particulièrement pris au sérieux. La preuve, l’année dernière ils ont amené 165 000 couples vivant sur le territoire de la monarchie islamique à se séparer, comme le révèle un article de la Saudi Gazette, paru mardi, se basant sur les révélations de membres des autorités médicales du pays. Cela représente un peu plus de la moitié des 270 000 à 300 000 couples qui ont dû se prêter à ces tests de santé obligatoires pour tous avant le mariage.

Des résultats que le docteur Mohammad al-Saidi, un employé du ministère de la santé saoudien interrogé par la Saoudi Gazette, considère comme très encourageants. “Ce pourcentage élevé de séparations causées par l’existence de risques médicaux montre que la société est plus éduquée et a pris conscience de l’importante d’être en bonne santé physique”, explique-t-il, avant d’ajouter que “cela permettra également aux familles et à l’État d’économiser de l’argent”.

En janvier dernier, les recherches du docteur Ayman Al Suleiman, un généticien basé à Riyad, avaient révélé que le pourcentage de personnes atteintes de maladies génétiques au royaume était l’un des plus élevés du monde. Une personne sur 1000 en souffrirait contre 1 personne sur 4000 aux États-Unis, ou encore 1 sur 8000 au Japon.

L’une des explications plausibles à ce phénomène est bien entendu le nombre très important de mariages arrangés (aussi connus sous le nom de mariages de convenance) entre membres d’une même famille au sein d’un pays où les femmes dépendent encore de nos jours de la bénédiction de leur tuteur (qui est bien souvent leur père) pour pouvoir se marier. L’endogamie concernerait toujours près de 67 % des couples saoudiens.

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