En Iran, les femmes pourront de nouveau assister aux rencontres sportives “à certaines conditions”

 L’interdiction faite aux femmes d’assister à des événements sportifs datait de la révolution de 1979. La décision de la lever, qui intervient alors qu’un accord historique sur le contrôle du nucléaire iranien vient tout juste d’être signé, illustre une volonté de la part des autorités iraniennes de “moderniser” les lois du pays.

(Photo Flickr/ Nicholas Babaian)
(Photo Flickr/ Nicholas Babaian)

Le ministre adjoint aux Sports, Abdolhamid Ahmadi, l’a annoncé samedi : le conseil de sécurité de l’Iran vient d’approuver un projet de son ministère qui vise à lever, partiellement, l’interdiction faite aux femmes et aux familles d’assister à des rencontres sportives, rapporte l’agence de presse de la République islamique (IRNA). Il y est également précisé que le plan devrait entrer en vigueur dans le courant de l’année du calendrier persan.

“Les stades doivent dorénavant être adaptés à la présence de familles et l’ambiance qui y règne doit être revue en conséquence”, a déclaré samedi Abdolhamid Ahmadi. Il a également ajouté que certains sports ne seraient pas concernés par la levée de l’interdiction car “tous les sports n’intéressent pas les femmes” et que la présence de celles-ci dans certaines enceintes sportives n’est pas imaginable parce qu’il existe des “sports réservés aux hommes”. La liste de ces sports n’a pas été précisée.

Femmes et familles se sont vues interdire le droit d’assister à des évènements sportifs en Iran à la suite de la révolution islamique de 1979. La raison officielle évoquait une volonté d’empêcher des hommes et des femmes dénués de lien de parenté de se mélanger en public. Depuis, impossible pour une Iranienne d’assister à une rencontre sportive autrement que par l’intermédiaire d’un écran. Quelques (rares) exceptions ont néanmoins parfois pu permettre à des ressortissantes étrangères installées en Iran d’assister à des matchs opposant une équipe de leur pays d’origine à une équipe locale.

L’année dernière, à la suite de la condamnation à un an de prison de Ghoncheh Ghavam – une citoyenne irano-britannique ayant pris part à une manifestation pacifique à l’entrée d’un stade de volleyball pour défendre le droit des femmes d’assister aux matchs – de nombreuses organisations sportives internationales, dont la Fédération Internationale de Volleyball, avaient demandé à l’Iran de mettre un terme à cette situation. Le mois dernier, c’était au tour du président de la FIFA, Sepp Blatter, d’en appeler au bon vouloir des autorités iraniennes.

L’appel semble avoir été entendu. Reste maintenant à savoir si cette directive prendra véritablement effet. Si oui, il s’agirait d’une victoire supplémentaire pour le président iranien Hassan Rouhani, qui semble, depuis sa prise de fonction en août 2013, s’employer à moderniser les lois du pays, octroyant par la même occasion de plus grandes libertés individuelles à ses citoyens.

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1 commentaires

  1. Luc DAVIN 2 années ago

    L’Islam ne fait pas de la femme un être inférieur, mais la lecture que font certains hommes de leur propre religion est une véritable catastrophe, notamment, et précisément, pour la femme …

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