Le controversé Dr Canavero s’apprête à effectuer la première greffe de tête sur un corps étranger

 A trente ans, Valeri Spiridonov est atteint du syndrome de Werdnig-Hoffman, une maladie dégénérative qui le condamne à passer sa vie dans un fauteuil. Récemment, l’informaticien russe a accepté de devenir le premier patient à expérimenter une opération qui permettrait de greffer sa tête sur un corps sain.

Le docteur Sergio Canavero en décembre dernier lors d'une conférence TEDx à Limassol. (photo TEDx)
 Le docteur Sergio Canavero en décembre dernier lors d’une conférence TEDx à Limassol. (photo TEDx)

Si j’ai peur ? Bien sûr, mais je n’ai pas vraiment le choix. Si je laisse passer cette chance, mon sort ne sera pas enviable. Chaque année mon état se dégrade », a déclaré le patient au journal britannique Daily Mail. Le fait que Valeri Spiridonov soit encore en vie relève presque déjà du miracle. La majorité des personnes atteintes de ce syndrome – qui provoque une grave atrophie musculaire – dépasse rarement la vingtaine.

L’opération, une première mondiale, sera réalisée par le chirurgien italien Sergio Canavero. Très controversé au sein de la communauté scientifique, le neurologue déclare depuis deux ans, à grand renfort d’annonces médiatiques, que toutes les techniques nécessaires à la greffe de tête existent déjà. Pour ses détracteurs, le risque du rejet de greffon est beaucoup trop important pour être tenté.

« Si l’on peut retirer une main greffée lors d’un rejet, on ne pourra pas retirer la tête ! », expliquait Ignicio Anegon, directeur de l’unité Inserm-Centre de recherche en transplantation et immunologie de Nantes en 2013 à Sciences et Avenir. Surtout, ce sont les questions d’éthique qui provoquent le plus de réactions. Ce type d’opération aura pour conséquence de créer un individu composé de l’esprit du receveur mais qui, notamment, engendrera la descendance du donneur. Un problème mineur qui n’en sera plus un, estime le docteur Canavero, dès le moment où un comité d’éthique acceptera de signer les autorisations nécessaires.

L’opération de Valeri Spiridonov, quant à elle, devrait pouvoir avoir lieu dès 2016. Elle nécessitera le corps d’un donneur en état de mort cérébrale et devra durer 36 heures. Maintenu dans le coma pendant un mois pour permettre aux muscles du cou de se reformer, aux liaisons nerveuses de se régénérer et aux moelles épinières de fusionner, le patient devrait ensuite pouvoir parler avec sa propre voix et marcher au bout d’un an. Tout ça à condition qu’il survive à l’opération, extrêmement lourde, et que le greffon ne soit pas rejeté. Comme le rappelle Courrier International : « Jusqu’ici, les essais sur les primates se sont soldés par la mort de l’animal, au bout de neuf jours. »

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