La violence liée aux armes à feu coûte 229 milliards de dollars par an aux États-Unis

Marche de protestation contre la puissance de la NRA au Congrès américain, décembre 2012, Washington. (photo flickr/Josh Lopez)
 Marche de protestation contre la puissance de la NRA au Congrès américain, décembre 2012, Washington. (photo flickr/Josh Lopez)

D’après le magazine américain Mother Jones, réputé pour ses enquêtes d’investigation, la violence liée aux armes à feu est devenue un des postes de dépense les plus importants aux États-Unis, devant la lutte contre l’obésité. Menée conjointement avec le Pacific Institute for Research and Evaluation (PIRE), un institut de recherche américain, l’enquête se base principalement sur les meurtres, suicides, violences policières et massacres recensés en 2012 impliquant des armes à feu.

L’estimation réalisée par Mother Jones est édifiante : la violence liée aux armes à feu représenterait un coût de 229 milliards de dollars par an, soit 700 dollars par américain. 8,6 milliards de dollars seraient à imputer aux coûts dits « directs », comme la prise en charge par les services d’urgence d’une personne blessée ou la mise en détention d’un tireur pour homicide. Les 221 milliards restant représenteraient, d’après les économistes, le coût indirect des violences liées aux armes à feu. C’est à dire la perte économique pour le pays engendrée par le décès d’une personne ou son incapacité à travailler après avoir été blessée – et donc à produire de la richesse.

Malgré la diminution du nombre de personnes tuées par balle aux États-Unis au cours des dix dernières années, Mother Jones rapporte 33 000 décès par armes à feu en 2012, dont les deux-tiers sont considérés comme des suicides. C’est plus que l’ensemble des décès par overdose – un problème de santé publique que les autorités américaines ont qualifié d’« épidémie » – et presque autant que les décès dus aux accidents de la route.

Selon l’enquête, le plus important poste de dépense dans les homicides liés aux armes à feu reste la prison qui couterait aux alentours de 414 000 dollars par personne incriminée et incarcérée. Un chiffre à associer avec le taux d’incarcération aux États-Unis, parmi les plus élevés du monde, directement lié au taux d’homicides, lui aussi parmi les plus forts. Par exemple, le taux d’homicides aux États-Unis dans les années 2000 (6,1 personnes sur 100 000) est trois fois supérieur à celui du Canada et près de neuf fois supérieur à celui de la France (0,7 personne sur 100 000).

Ce genre d’enquête soulève une nouvelle fois la question de la politique en matière d’accès aux armes à feu aux États-Unis. Raison pour laquelle la NRA (puissant lobby américain pro armes), s’efforce depuis de nombreuses années à étouffer ce genre de recherches. « En 2014, son pouvoir au Congrès avait notamment permis d’empêcher le versement de fonds fédéraux au Center for disease Controle (centre pour le contrôle et la prévention des maladies) prévus par le président Obama pour effectuer des recherches sur le danger des armes à feu », explique le journaliste Pierre Lemerle sur le site Slate.fr.

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