Les Iroquois du Québec prêts à ériger des barricades pour stopper un projet d’oléoduc

Le face-à-face entre le soldat Patrick Cloutier et le Warrior Brad «Freddy Krueger» reste le cliché le plus célèbre de la Crise d'Oka. (photo Shaney Komulainen)
 Le face-à-face entre le soldat Patrick Cloutier et le Warrior Brad «Freddy Krueger» reste le cliché le plus célèbre de la Crise d’Oka. (photo Shaney Komulainen)

Au cours de l’année 1990, les Mohawks, l’une des six grandes nations iroquoises, s’opposent à l’agrandissement du golf de la municipalité d’Oka, au Quebec. Au cœur du litige, un terrain revendiqué par les Mohawks, que la communauté iroquoise a tenté d’acheter, mais qui lui a été refusé par le gouvernement canadien pour finalement être accordé au promoteur du golf. Du 11 mars au 26 septembre 1990, un groupe de Mohawks, les warriors, bloque les routes à l’aide de barricades. Impuissante, la police fera appel à l’armée pour mettre fin à ce qui restera comme “la Crise d’Oka ».

Vingt-cinq ans plus tard, alors que les tensions restent vives entre la communauté Mohawk et les gouvernements québécois et canadiens, le grand chef de la réserve de Kanasetake, Serge Simon, n’exclut pas de ressortir les barricades pour empêcher le passage d’un pipeline près de son territoire. Initié par la compagnie TransCanada, le projet d’oléoduc Énergie Est vise à acheminer du pétrole de l’Alberta et de l’Ouest du Canada au terminal maritime de Québec. Selon le tracé prévu, le pipeline devrait passer au nord du territoire Mohawk, proche du lac des Deux Montagnes, près d’Oka au Québec.

Le grand chef Serge Simon le 11 avril à la marche pour le climat de Québec. (photo flickr/actionclimat)
Le grand chef Serge Simon le 11 avril à la marche pour le climat de Québec. (photo flickr/actionclimat)

« Cette année, on a plus d’un mètre de glace sur le lac. S’il arrive un accident, comment est-ce qu’ils vont faire pour aller nettoyer le pétrole là-dessous ? », s’est inquiété Serge Simon auprès du Journal de Montréal. Surtout, le projet de TransCanada va à l’encontre des valeurs des autochtones. Selon lui, accepter le passage de l’oléoduc reviendrait à encourager l’exploitation des sables bitumineux, laquelle est très contestée en raison des risques qu’elle représente pour la santé.

Selon le grand chef des Mohawks de Kanesatake, il est temps que les gouvernements mettent la priorité sur l’alternative aux énergies fossiles. L’enjeu est en tout cas assez important pour que l’iroquois envisage le recours aux barricades. « Pour le moment ce n’est pas notre stratégie, mais ça peut se produire. Ca a été utile par le passé », a-t-il déclaré au Journal de Montréal. La Crise d’Oka avait notamment été marquée par la mort du caporal Lemay de la Sûreté du Québec et de nombreux blessés.

Recommandé pour vous

7 commentaires

  1. Paulo 6 années ago

    Vous braillez et continuez de vous promener avec vos “gros chars” imbéciles d’humain!

    Répondre Like Dislike
  2. loagn 6 années ago

    La question serait qui à tué le caporal Lemay et pourquoi surtout personne n’a été accusé du meurtre?

    Répondre Like Dislike
  3. Peace 7 années ago

    C’est un mouvement mondial!!! C,est pas juste des autochtones…C’est plusieurs nations (blanc, jaune, rouge noir, etc.) qui s’assemblent pour freiner ce projet.
    En passant, nous savons tous tres bien(avec archives et videos à l’appui; Que l’armée n’à rien changer à la crise d’Oka…le gouv. à finalement accepté de négocier comme exigé par les peuples partout dans le monde qui se manifestaient en appuis d’Oka. Il est bcps trop tôt dans l’histoire, pour les médiats et le gouv., de tenté de faire croire de tels mensonges au gens témoins qui vivent encore…

    Répondre Like Dislike
    1. Corinne 7 années ago

      Vous avez raison Peace. blancs, Jaunes, Rouges , Noirs devenez Vert !!!

      Répondre Like Dislike
      1. KilledKenny 7 années ago

        Les Verts clairs devant, les Verts foncés au fond! 🙂

        Répondre Like Dislike
  4. Jack 7 années ago

    Bravo il faut agir

    Répondre Like Dislike
  5. Pablocito 7 années ago

    J’espères qu’il y aura plus que les Iroquois, pour se tenir debouts, face à la menace pétrolière
    sale!La démocratie a ses limites…Soyons “Maîtres chez nous!”, comme disait Jean Lesage!
    Non, c’est NON! Nationalisons aussi le pétrole, puis montons les prix, jusqu’a ce que les autos électriques propres prennent le dessus!

    Répondre Like Dislike