La NASA teste avec succès son moteur sans combustible dans un vide semblable à l’espace

 Une méthode de propulsion spatiale qui défie nos conceptions actuelles de la physique va-t-elle bientôt permettre de propulser des objets dans l’espace à une vitesse jamais égalée auparavant ? Peut-être bien, à en croire les résultats d’une récente batterie de tests menée par une équipe de la NASA.

 L'EmDrive, un propulseur à cavité résonnante électromagnétique, fonctionne sans aucun carburant. (photo flickr/NASA Goddard Space Flight Center)
 L’EmDrive, un propulseur à cavité résonnante électromagnétique, fonctionne sans aucun carburant. (photo flickr/NASA Goddard Space Flight Center)

L’EmDrive incarne-t-il le futur des voyages dans l’espace à la manière de ce que les amateurs de science fiction ont pu imaginer en regardant Star Wars ou Star Trek ? Ce n’est pas totalement impossible, estime la NASA. Même si l’invention va à l’encontre de certains principes de physique fondamentaux, comme celui de conservation de la quantité de mouvement.

Des scientifiques du NASA Eagleworks, le département de recherche de propulsion avancée de l’agence spatiale américaine, viennent en effet d’annoncer avoir réussi à faire fonctionner avec succès un propulseur à cavité résonnante électromagnétique (plus connu sous le nom d’EmDrive) avec de l’énergie solaire pour seul carburant.

Plus surprenant encore, le test, qui a eu lieu au sein du Johnson Space Center, aurait été réalisé dans des conditions simulant un vide semblable à l’espace, ce qui devrait mettre fin aux spéculations selon lesquelles les résultats des tests préliminaires, effectués l’année dernière par cette même équipe, ne pouvaient pas être considérés comme concluants dans la mesure où ils n’avaient pas été réalisés sous vide.

Si l’EmDrive tient ses promesses, les implications en matière de voyage dans l’espace seraient tout simplement considérables. Sur le long terme, le système de propulsion pourrait être utilisé pour mener à bien une grande variété de missions spatiales aussi bien à l’intérieur, qu’en dehors de notre système solaire. A court terme, il serait par exemple également possible de réduire drastiquement le nombre de missions de ravitaillement en combustible de la Station spatiale internationale.

La nature de cette annonce, qui n’est pas accompagnée pour le moment de la publication d’un article scientifique, a pourtant de quoi laisser songeur. Tout ce qui a trait au système de propulsion spatiale non-conventionnel inventé par l’ingénieur aéronautique britannique Roger Shawyer demeure hautement controversé. La raison première étant que le fonctionnement de l’EmDrive remet en cause certains principes de la physique classique. Alimenté exclusivement par de l’énergie électrique convertie en poussée en faisant ricocher des micro-ondes à l’intérieur d’une « cavité résonnante », l’EmDrive ne nécessite l’utilisation d’aucun combustible. Par le passé, de nombreux scientifiques ont mené des expériences dans le but de démontrer le fonctionnement de l’EmDrive. Aucune d’elle n’a pour le moment réussi à apporter une quelconque explication plausible.

Il convient cependant d’attendre que les résultats obtenus par les ingénieurs de NASA Eagleworks soient reproduits en laboratoire, mais aussi confirmés par le biais d’un processus d’évaluation par les pairs avant de tirer des conclusions.

Aussi excitante soit l’annonce de cette nouvelle percée technique, il faudra patienter encore quelques temps – mais si peu à l’échelle de l’univers ! – pour pouvoir rêver de voyages interstellaires sur plusieurs générations, la NASA ayant précisé que cela ne faisait, pour l’heure, pas partie de ses objectifs.

De plus, le concept de voyage à vitesse supraluminique ne relève pour l’instant toujours que du fantasme. Même dans l’optique où un EmDrive arriverait réellement à fonctionner « sous une accélération constante de l’ordre d’un milli-g », un vaisseau spatial ne pourrait être propulsé qu’à « seulement » 9,4 % de la vitesse de la lumière. A ce rythme là, il faudrait donc près de 92 ans à un vaisseau pour atteindre Alpha du Centaure, l’étoile la plus proche du Soleil, située à 4,3 années-lumière de la Terre, auxquels il faudrait ajouter 38 années supplémentaires nécessaires aux manœuvres de décélération, si les occupants du vaisseau souhaitaient s’y arrêter.

Recommandé pour vous

0 commentaires