Le célèbre “permis vacances travail” dans le viseur des autorités australiennes

 Suite à des révélations, lundi, de la chaine de télévision ABC, l’État de Victoria a dépêché une commission d’enquête qui va se pencher sur les conditions de travail des étrangers venus d’Asie et d’Europe, dont une grande partie est sous le régime du visa 417, mieux connu sous le nom de permis vacances travail. La ministre réclame une enquête au niveau national.

(photo illustration flickr/stefano_lubiana_wines)
(photo illustration flickr/stefano_lubiana_wines)

Une « honte nationale » qui devrait « inciter le gouvernement australien a initier une vaste enquête à l’échelle du pays ». Les mots employés par Natalie Hutchins, la ministre chargée des relations industrielles de l’Etat de Victoria, sont forts. A raison. Ils font suite à un scandale impliquant tout le secteur de l’agroalimentaire australien, révélé par la chaine de télévision ABC ce lundi concernant les conditions de travail des étrangers dans le pays.

Le travail d’investigation réalisé par les équipes de l’émission Four Corners de la chaine ABC semble laisser peu de place au doute : le fonctionnement d’une partie de l’industrie agroalimentaire australienne reposerait sur l’exploitation de travailleurs étrangers employés dans des conditions déplorables, « assimilables à du travail forcé ». Ces révélations, qui ont d’ores et déjà conduit l’Etat de Victoria (Sud-Est du pays) à ouvrir une enquête au sein de l’état, pourraient bien avoir des répercussions au niveau national.

Selon la chaine australienne, des grandes enseignes de la distribution dont Woolworths, Coles, Aldi, IGA and Costco seraient impliquées. Comme beaucoup d’entreprises, elles profiteraient de la main d’œuvre peu chère que représente les jeunes ressortissants étrangers, âgés entre 18 et 30 ans, souvent détenteur du visa 417. Ce permis de séjour, renouvelable une fois sous-conditions, permet aux jeunes de prendre part au Programme Vacances Travail (PVT). Un régime qui les autorise à travailler pour le même employeur pendant 6 mois maximum. La plupart du temps, ils vivent de petits boulots nécessitant peu, ou pas, de qualifications comme la cueillette des fruits ou des légumes, ou encore l’empaquetage de viande. D’après les journalistes de l’émission Four Corners, ces jobs seraient très souvent réalisés dans des conditions assimilables à du travail forcé, « proches de l’esclavage », dans des fermes et des usines d’Australie.

« Aucun employé ne devrait jamais être exploité, harassé ou privé de ses droits fondamentaux », a commenté sur Facebook Natalie Hutchins, la ministre chargée des relations industrielles de l’Etat de Victoria, avant d’ajouter être extrêmement inquiète à l’idée que ces pratiques aient pu engendrer la création d’une « sous-classe de travailleurs étrangers » dans le pays.

A en croire la Fédération Nationale des Fermiers australiens (NFF), les travailleurs étrangers seraient essentiels au bon fonctionnement du secteur agricole du pays. « Sans eux, nous ferions face à une pénurie chronique de travailleurs lors de la saison des récoltes », a expliqué son président, Brent Finlay, à la BBC.

Si les révélations de l’enquête menée par Four Corners venaient à se confirmer, de nombreux fermiers risqueraient de devoir faire face à des poursuites judiciaires pour avoir fait appel à des entreprises louant les services d’une main d’œuvre étrangère sous-payée. Cependant, à en croire Brent Finlay, « les fermiers ne sont pas les seuls impliqués […] c’est toute la chaine de production qui est fautive ». Affaire à suivre.

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1 commentaires

  1. Alexandra 7 années ago

    En tant que citoyenne française vivant en Australie sous Working Holiday Visa, je peux affirmer que ce reportage montre la réalité. Nous devons faire face à des employeurs sans pitié qui vous payent une misère et vous logent dans des endroits déplorables. Heureusement tous ne sont pas comme ça et j’ai fais les bons choix dans mes travaux de ferme. Mais nous sommes considéré comme une sous-classe de travailleur de manière générale.

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