Le Tadjikistan réfléchit à interdire les prénoms arabes pour lutter contre l’islam

Le président du Tadjikistan Emomali Rahmon aux Nations Unies en 2009.
 Le président du Tadjikistan Emomali Rahmon aux Nations Unies en 2009. (flickr/UN Photos)

Après avoir déclaré que le hijab était pour les prostituées et avoir obligé les musulmans à se raser la barbe, soi-disant dans le but de lutter contre l’extrémisme islamique, le président tadjik, Emomali Rahmon, a soumis à son parlement un projet de loi interdisant à son peuple de donner un prénom « trop arabe » aux nouveaux nés. « Après l’adoption de cette loi, les services de l’Etat civil n’enregistreront plus les prénoms considérés comme incorrects, contraires ou étrangers à la culture locale, ainsi que les prénoms reprenant des noms d’objets ou s’inspirant de la faune et de la flore, de même que les prénoms d’origine arabe », a déclaré un fonctionnaire de l’Etat civil à Interfax.

Bien que la loi ne devrait concerner que les nouveaux nés, certains parlementaires souhaiteraient qu’elle s’applique rétroactivement, obligeant les personnes ayant un prénom à consonance arabe à en changer afin qu’il sonne « plus tadjik ». Et si les parents ne sont pas en mesure de trouver un prénom convenable par eux-mêmes, le ministère de la Justice a prévu une liste de prénoms pré-approuvés.

Revendiquée par 98% de la population, l’islam est de loin la religion la plus répandue au Tadjikistan. De plus, sa pratique a fortement augmentée au cours des dernières années, au grand dam d’un gouvernement laïc craignant que les villages pauvres ne deviennent de potentiels foyers de recrutement pour les islamistes intégristes.

En plus d’avoir interdit la barbe et décrié le hijab, le gouvernement de Rahmon a fermé les mosquées indépendantes et encouragé les imams à louer le président plutôt qu’Allah. Selon plusieurs associations et ONGs de défense des droits de l’homme, des musulmans seraient régulièrement arrêtés à la suite d’accusations nées de l’assimilation par les autorités de la foi islamique au terrorisme.

Ironie du sort : Emomali, le prénom du président tadjik, est dérivé du nom de « l’Imam Ali », gendre du prophète Mahomet. Reste maintenant à voir si le prénom du président tombera sous le coup de sa propre loi si celle-ci est adoptée. Peu de chance.

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2 commentaires

  1. Pingback: Au Kirghizstan, le gouvernement forme les imams aux nouvelles technologies | 8e étage

  2. Murazaki 4 années ago

    Je crois qu’on vient d’atteindre un tout nouveau niveau de stupidité…

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