La NASA s’inquiète profondément de l’effondrement des barrières de glace

La barrière de glace Larsen B commence à se désintégrer, 31 janvier 2002. (photo NASA/flickr)
 La barrière de glace Larsen B a commencé à se désintégrer autour du 31 janvier 2002, photo prise le 17 février 2002. (photo NASA/flickr)

Depuis plusieurs années, la NASA observe avec attention l’évolution des gigantesques barrières de glace en Antarctique. La plus imposante d’entre elles, la plate-forme Larsen, a subi en février 2002 un des effondrements glaciers les plus brutaux jamais constatés, quand elle s’est séparée d’un bloc de glace d’environ 3850 km2. Le plus impressionnant : cet effondrement s’est produit en un mois. Disloquée, la gigantesque masse glacée dérive sur la mer de Weddel sous forme de plusieurs milliers d’icebergs.

La partie B de la plate-forme Larsen a perdu un morceau de 3850 km2 en un mois en 2002. (photo NASA)
La partie B de la plate-forme Larsen a perdu un morceau de 3850 km2 en un mois en 2002. (photo NASA)

« Cette plate-forme a 10 000 ans et, bientôt, il n’en restera plus rien », avait alors déclaré Ala Khazendar du Jet Propulsion Laboratory de la NASA.

Des effondrements de ce type, la NASA en observe de plus en plus avec le réchauffement climatique, augmentant le risque de montée des eaux.

Car si le détachement de morceaux de la banquise fait partie d’un processus tout a fait naturel – la neige qui tombe en amont est censée reconstituer la calotte glacière à mesure qu’elle glisse dans l’océan –, la balance n’est désormais plus du tout équilibrée. En réalité, la calotte glacière perd 147 gigatonnes de glace chaque année. La raison ? Les grandes barrières de glace comme celle de Larsen jouent le rôle d’une pâte à tarte : elles empêchent la glace à l’intérieur des terres de glisser dans l’océan. Mais l’eau des mers antarctiques étant de plus en plus chaude, elle ronge progressivement la glace des barrières, les parsemant de trous.

Selon une étude publiée en 2015 dans la revue Science, les grandes plates-formes de glace en Antarctique auraient perdu 18% de leur volume au cours des 20 dernières années. La barrière de Larsen, composée de trois parties, a vu la plus petite d’entre elles (Larsen A) s’effondrer en 1995 et l’une de ses plus grosses parties (Larsen B) s’effondrer en 2002. La barrière de Wilkins, elle aussi, a commencé à s’écrouler en 2008.

Heureusement, l’effondrement d’une barrière de glace n’impacte pas immédiatement le niveau de la mer. Les morceaux de glace continuent de flotter. Mais, pour reprendre notre analogie de la pâte à tarte, l’apparition de trous dans une plate-forme glacière permet à la glace située en amont de couler dans la mer. Par exemple, après que Larsen A et B ont commencé à s’effondrer, la NASA a noté une accélération de 300% de la fonte des glaciers situés derrière elles. Globalement, l’effondrement des barrières de glace aurait provoqué une augmentation de 59% de l’écoulement de glace dans la mer.

Selon la majorité des experts, une grande partie de la calotte glacière a été détériorée de manière irréversible. La vraie question reste de savoir quand cette glace qui s’est détachée fondra et aura un réel impact sur le niveau des océans. D’après le GIEC, le niveau de la mer pourrait augmenter de 98 cm d’ici 2100. A long terme, la calotte glacière est composée de suffisamment de glace pour, si elle fondait, provoquer une augmentation de 3 à 4 mètres du niveau de la mer.

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