Le premier système de nettoyage des océans devrait être opérationnel en 2016

 Son inventeur en a fait l’annonce à l’occasion du Forum Digital de Séoul, qui se tenait dernièrement en Corée du Sud, une première station d’épuration devrait être déployée au large des côtes de Tsushima (une île située entre la Corée du Sud et le Japon) à l’occasion d’un test de faisabilité grandeur nature qui aura lieu en 2016. En forme d’entonnoir géant de deux kilomètres d’envergure, elle devrait devenir la plus importante structure flottante au monde.

(Capture d'écran Youtube/ TheOceanCleanup)
(Capture d’écran Youtube/ TheOceanCleanup)

Nous vous en parlions il y a quelques mois de cela dans notre chronique « On [re]dessine le monde », nos océans hébergent rien de moins que sept « vortex de déchets » géants. Véritables îles de plastique, ces « poubelles des océans » occuperaient approximativement 40% de notre écosystème marin. S’y trouvent de nombreux détritus émis par l’homme — bouchons de bouteilles, filets de pêche, morceaux de cagettes, etc — mais aussi, et surtout, une myriade de microscopiques fragments de plastique. Invisibles à l’œil nu, ces particules sont pourtant particulièrement nocives pour la faune marine.

Boyan Slat est un jeune écologiste hollandais. A seulement 20 ans, il est à la tête d’une équipe de 100 personnes travaillant au bon déroulement du projet The Ocean Cleanup. Particulièrement sensible au problème des vortex de déchets, le jeune homme s’est fixé une mission : purifier nos mers et nos océans en se débarrassant des millions de tonnes de plastique qui s’y accumulent. Pour se faire, il a inventé un prototype de station d’épuration qui devrait être déployé pour la première fois en 2016 au large des côtes de l’île japonaise de Tsushima. La faisabilité de cette opération, qui devrait se dérouler sur une période de deux ans, est actuellement à l’étude.

« S’occuper du problème de la pollution des océan de notre planète représente l’un des plus grands challenges environnementaux auxquels l’humanité est confronté aujourd’hui. Cette première tentative de nettoyage va contribuer à assainir nos eaux et nos rivages, mais représente également une étape cruciale vers la disparition de la grande île de détritus du Pacifique. Ce déploiement nous permettra de juger de l’efficacité du système ainsi que de sa viabilité dans le temps », explique le jeune homme sur le site Internet du projet.

En pratique, cet entonnoir géant placé à la surface de l’eau devrait piéger les déchets plastiques venant s’y échouer, entrainés « naturellement » par les courants marins. En d’autres termes, l’océan travaillerait à son propre assainissement. Peu couteux, et théoriquement très efficace, le système est censé être spécifiquement étudié pour ne pas endommager les écosystèmes marins. Cerise sur le gâteau, les autorités japonaises disent même envisager de recycler le plastique ainsi récupéré.

Le projet The Ocean Cleanup, plusieurs fois primé, a pu voir le jour grâce au succès d’une campagne de financement participatif lancée en 2014 par Boyan Slat. En l’espace de quelques semaines, grâce aux contributions de plus de 38 000 anonymes, cette dernière aura réussi à récolter près de deux millions d’euros.

Optimiste, le jeune homme devenu chef d’entreprise avance qu’il serait possible de filtrer près de 42% du plastique accumulé dans les océans en seulement dix ans. C’est dans cette optique qu’il souhaiterait déployer progressivement, au cours des cinq prochaines années, une série de stations d’épurations couvrant une surface stratégique de 100 kilomètres dans l’océan Pacifique.

Si le projet semble avoir tout pour séduire, attention néanmoins aux excès d’optimisme. Selon certains spécialistes, comme le navigateur Charles Moore, découvreur du premier « vortex de déchet » de l’océan Pacifique, essayer de nettoyer les océans reviendrait à « essayer de passer le Sahara au tamis ».

En effet, aussi efficace que soit le système inventé par Boyan Slat, ce dernier ne demeurera rien d’autre qu’un bel effort, ou au mieux une solution temporaire, si rien n’est fait pour s’attaquer aux véritables causes du problème, qui sont elles à chercher du côté terrestre. La seule solution viable à long terme selon les chercheurs ? Changer nos modes de production, modifier nos habitudes de consommation et opter pour des matériaux alternatifs biodégradables.

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