Au Népal, la police dispense des cours de self-defense aux survivants des séismes

 Un tout nouveau programme d’enseignement des techniques de self-defense, spécifiquement tourné vers les femmes et les enfants installés dans les abris temporaires de la région de Katmandou, vient d’être lancé. L’initiative des autorités népalaises fait suite au recensement d’un grand nombre de cas d’agressions et de tentatives de viols à la suite de la série de séismes ayant causé la mort de plus de 8700 personnes en avril et mai derniers.

(Photo Flickr/ IOM Nepal Earhquake Response)
(Photo Flickr/ IOM Nepal Earhquake Response)

Au Népal, si le problème des viols n’est pas nouveau, il ne fait aucun doute que la série de séismes ayant frappé la région de Katmandou en début d’année n’a fait qu’aggraver la situation. De facto, lorsque de telles catastrophes se produisent, les femmes et les enfants se retrouvent particulièrement vulnérables.

Selon la police népalaise, plusieurs cas d’agressions et de tentatives de viols sur des femmes et des enfants ont été signalés ces dernières semaines dans le pays. Pour tenter d’enrayer le phénomène, les forces de police de la région de Katmandou ont décidé de mettre en place des cours gratuits de défense personnelle, comme le rapporte la BBC.

« Lorsque nous avons visité ces abris temporaires, nous avons été confrontés à l’existence de violences envers les femmes et les enfants, nous avons donc pensé que ce serait une bonne idée de leur enseigner une compétence pratique qu’ils pourront utiliser », a déclaré Tara Devi Thapa, super-intendant adjoint des forces de police de la région de la vallée de Katmandou.

L’objectif de ces cours ? Enseigner aux femmes et aux enfants à se défendre en se servant de leurs poings et de leurs pieds, ce qui passe parfois par le biais d’initiations aux mouvements de base du judo et du karaté.

Selon la police népalaise, la population des camps de réfugiés de Katmandou atteindrait actuellement les 100 000 personnes dont une majorité de femmes et d’enfants qui se retrouvent souvent sans défense face aux criminels et aux trafiquants d’êtres humains.

A en croire la police népalaise, le programme connaitrait d’ores et déjà un vif succès auprès des survivants de la série de séismes. Plus de 70 femmes et jeunes filles d’un camp situé à proximité du Bodnath (l’un des principaux sanctuaires bouddhistes de la région) auraient déjà pu bénéficier de leçons. Face au succès rencontré, la police népalaise a indiqué considérer élargir son offre à l’ensemble des camps de la capitale.

Des centaines de milliers de personne se sont retrouvées sans domicile à la suite du séisme de magnitude 7,8 qui a frappé le pays à la fin du mois d’avril dernier et des répliques qui l’ont suivi. A l’heure actuelle, il est estimé que près d’un demi million d’habitations auraient été détruites. En conséquence, ce sont plusieurs dizaines de milliers de réfugiés qui encourent le risque de devoir continuer à vivre dans des abris de fortune pendant de longs mois avant de pouvoir espérer être relogés.

Dernièrement, la police népalaise a également intensifié sa lutte contre les trafiquants d’êtres humains. Notamment, le gouvernement a émis une directive interdisant l’adoption de jeunes Népalais au cours des trois prochains mois. Il est également dorénavant obligatoire pour les enfants voyageant non-accompagnés dans le pays d’être munis d’une lettre d’autorisation des parents.

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