L’Azerbaïdjan refuse l’accès aux JO européens à des journalistes et des activistes

 Quelques jours avant l’ouverture des premiers Jeux Olympiques européens, les autorités du pays organisateur ont refusé d’accueillir à Bakou certains médias et militants des droits de l’homme.

Le 11 juin s'ouvriront les premiers Jeux Olympiques européens (Photo Flickr / Eustaquio Santimano)
 Le 11 juin s’ouvriront les premiers Jeux Olympiques européens.  (Photo Flickr/ Eustaquio Santimano)

Le reporter du Guardian avait réservé son vol, ainsi que son hôtel pour couvrir les Jeux Olympiques européens. Mais 3 heures avant le décollage, l’Azerbaïdjan lui a fait savoir que son accréditation avait été refusée. Owen Gibson, journaliste sportif pour le quotidien britannique, n’est pas le seul à ne pas pouvoir se rendre à Bakou. Des confrères, ainsi que des ONG, se sont vus interdire l’accès au pays.

Fin 2012, sous l’égide du Comité International Olympique, les comités olympiques européens choisissaient l’Azerbaïdjan pour accueillir « leurs » premiers JO. Un choix plutôt économique, si l’on relève la déclaration à l’AFP du président du comité national olympique français, Denis Masseglia :

« Cela a finalement été débloqué car Bakou s’est engagé à tout prendre en charge financièrement, que ce soit pour le transport ou l’hébergement des différentes délégations. »

Mais le « tout gratuit » a forcément un prix. Pour l’Azerbaïdjan, il s’élève à 8 milliards de dollars. Une somme qui représente près de la moitié du budget du pays où le salaire moyen d’un professeur ou d’un médecin oscille entre 150 et 200 dollars par mois, relevait Le Monde en mars.

Certains activistes comme le journaliste Agil Khalil espéraient au moins que l’organisation de ces jeux permettrait une prise de conscience concernant la répression en Azerbaïdjan. Le pays, considéré comme « autoritaire » par le magazine The Economist exerce une forte pression sur quiconque ose critiquer son gouvernement. Selon Human Rights Watch, 35 journalistes et militants des droits de l’homme ont été poursuivis voire emprisonnés en 2014, et les prisons azéries ne retiennent pas moins de 80 prisonniers politiques.

Dans un rapport qu’Amnesty International devait présenter à Bakou ces jours-ci, l’ONG dénonçait « La répression des jeux. Les voix que vous n’entendrez pas aux premiers Jeux Olympiques européens. » Mais comme d’autres, Amnesty est restée bloquée hors d’Azerbaïdjan. Le pays, classé par Reporters Sans Frontière au 162e rang mondial en terme de liberté de la presse, ne compte presque pas de médias indépendants. Difficile, donc, pour les opposants de faire entendre leurs revendications.

Alors que 6 000 athlètes venant de 50 pays s’apprêtent à concourir à Bakou, Amnesty et d’autres organisations appellent le Comité olympique européen à réagir. Dans un communiqué, celui-ci a déclaré que l’interdiction de la venue de journalistes se heurtait « complètement à l’esprit du sport » et que le problème devrait être rapidement réglé par son président Patrick Hickey, rapporte The Guardian. Un peu trop tard déjà, estime Amnesty, dont le directeur adjoint pour l’Europe et l’Asie centrale, Denis Krivosheev, s’est exprimé :

« Le fait que l’Azerbaïdjan accueille les Jeux européens offrait une occasion précieuse de faire avancer la situation des droits humains dans le pays. Toutefois, le Comité olympique européen et la communauté internationale n’ont pas pris la défense de ceux qui tentent de s’exprimer, permettant ainsi aux autorités de paralyser progressivement une société civile indépendante et critique ».

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2 commentaires

  1. Pingback: L’Azerbaïdjan refuse l’accès aux JO européens à des journalistes et des activistes | Réseau International

  2. vilistia 4 années ago

    L’Azerbaïdjan fait comme la Russie.

    La rengaine des droits de l(homme… corde usée..

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