Les pacifistes de Micronésie ont décidé de brûler les bateaux des braconniers

 La pêche commerciale destinée à l’export est interdite dans une partie des eaux territoriales des Palaos, ce petit pays d’Océanie, situé en Micronésie, connu pour son pacifisme. Avec l’incendie de quinze bateaux de braconniers, confisqués en l’espace d’un peu plus d’un an, la République des Palaos veut envoyer un message fort à ceux qui pourraient encore être tentés de bafouer ses lois.

(Photo Flickr/ Klaus Stiefel)
 Les Palaos sont également célèbres pour abriter le premier sanctuaire pour requins au monde. Sur cette photo un requin à pointes noires.
(Photo Flickr/ Klaus Stiefel)

La République des Palaos appliquera désormais une tolérance zéro en matière de braconnage dans ses eaux territoriales. C’est le message que Tommy Remengesau Jr., le président de cette micro-état du Pacifique de 21 000 habitants a voulu envoyer au monde en mettant le feu à quinze bateaux de braconniers, dont quatre en provenance du Vietnam voisin.

« Nous ne tolérerons plus que ces pirates viennent ici pour voler nos ressources », a déclaré le chef d’Etat lors d’une conférence de presse. Il a également indiqué espérer pouvoir transformer la majeure partie des eaux territoriales des Palaos en un « sanctuaire marin national » où la pêche commerciale destinée à l’export serait totalement interdite.

En 2009, ce petit pays avait fait parler de lui lors de la création du premier sanctuaire pour requins au monde, une réserve biologique ayant pour but de protéger plus de 130 espèces de squales menacées ainsi que des raies. Ce sont ces espèces protégées, au côté de concombres de mer, homards et d’autres poissons des récifs coralliens, qui intéressent les braconniers régulièrement appréhendés par les autorités du pays.

Seulement, faute de budget, la République des Palaos ne disposait encore récemment que d’un seul et unique navire de patrouille pour surveiller ses eaux. Selon le président Tommy Remengesau Jr., le fait que des braconniers continuent de braver la loi malgré le risque de se voir confisquer leurs filets et leurs prises montre bien qu’il est temps de prendre des mesures plus dissuasives. Comme brûler les bateaux de ceux qui se font prendre, par exemple.

De nos jours, la pêche illégale continue de représenter un business juteux pour les braconniers. Malgré des progrès constants en matière de traçabilité des poissons vendus aux consommateurs, il est estimé qu’elle représente encore près d’un cinquième du marché mondial des produits d’origine marine vendus dans le monde. Valeur estimée : 21 milliards d’euros.

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