La Grande Muraille de Chine aurait perdu 30% de sa longueur

 A en croire une récente étude de l’Administration d’État chinoise en charge du patrimoine, près de 1961 kilomètres de ce site inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO auraient d’ores et déjà disparus et 1185 seraient dans un état critique. Les causes, multiples, seraient dues à l’érosion, des dommages causés par diverses catastrophes naturelles, les conséquences d’un afflux massif de touristes et de pillages répétés.

(Photo Flickr/ mariusz kluzniak)
(Photo Flickr/ mariusz kluzniak)

Le plus célèbre des édifices érigés sous la dynastie Ming se meurt. C’est le verdict, sans appel, d’une étude officielle de l’Administration d’État chinoise en charge du patrimoine. La section la plus célèbre de la Grande Muraille aurait perdu près de 30 % de sa longueur, soit 1 961 kilomètres, comme le rapporte The Global Times.

L’étude s’étant cantonné à un segment long d’environ 9000 kilomètres, ces chiffres ne sont certainement pas représentatifs de l’état global de la structure, que l’on peut supposer bien pire. Il faut savoir que la longueur totale de la Grande Muraille — qui est en réalité tout sauf continue, car formée d’un agrégat de fortifications militaires édifiées entre le IIIe et le XVIIe siècle pour défendre la frontière nord de la Chine — a été estimée à près de 21 200 km en 2012.

Si les causes du phénomène sont a priori multiples, elles peuvent néanmoins être classées en deux catégories. La première : les causes « naturelles » comme l’érosion et les dommages causés par les catastrophes naturelles (par exemple des tempêtes, des tremblements de terre ou des crues). La seconde : les agissements de l’homme.

En effet, au delà des dégâts indubitablement causés par l’afflux de touristes — la dernière mode visant à explorer des sections non-protégées de la muraille — est ici particulièrement dévastatrice. La Grande Muraille, malgré sa dimension iconique, n’a pas été épargnée par les pillages et les dégradations au cours de son histoire. Ainsi, ses briques et sa terre ont régulièrement été pillées pour bâtir des édifices aussi variés que des maisons, des usines, des voies ferrées, des axes routiers, voire même, pendant la Révolution culturelle maoïste, des porcheries.

« Les résidents vivant le long de la Grande Muraille avaient pour habitude d’utiliser ses briques pour construire leurs maisons et des pans entiers de la Grande Muraille ont été détruits à l’occasion de l’expansion urbaine ou de la construction de routes », a expliqué Cheng Dalin, l’un des experts de la Commission d’étude de la Grande Muraille, au Global Times. Depuis septembre 2006, une loi stipule que les personnes ayant dérobé des briques de la Grande Muraille s’exposent à une amende de près de 5000 yuans (soit environ 722 euros). Pourtant, par manque de moyens, la loi demeure peu appliquée.

La Grande Muraille est incontestablement l’une des principales attractions touristiques du pays. Sa portion la plus célèbre ayant été érigée sous la dynastie Ming, ce nom y est bien souvent associé, elle est pourtant l’œuvre de plusieurs dynasties. Contrairement à l’idée reçue, elle n’est pas visible à l’œil nu depuis la Lune.

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