Plus de 300 habitations cédées contre rénovation en Sicile

 La ville sicilienne de Gangi se déclare prête à donner plus de 300 propriétés à l’abandon à des particuliers. L’initiative a pour but de relancer l’activité démographique et économique de cette petite ville de 7000 habitants. Condition sine qua non, toute personne souhaitant se porter acquéreur de l’une des propriétés aura pour obligation de la restaurer et de la rendre habitable d’ici quatre ans.

(Photo Flickr/ Michele Ursino)
(Photo Flickr/ Michele Ursino)

Vous avez parfois des envies de dolce vita dans le Sud de l’Italie ? La ville de Gangi, en Sicile, pourrait bien vous permettre de combler vos aspirations. Le maire de la ville, Giuseppe Ferrarello, a récemment annoncé que la ville était prête à donner plusieurs centaines de propriétés à des particuliers, comme le rapporte le New York Times.

En contrepartie, les potentiels acquéreurs devront s’engager à rénover intégralement les habitations. Une fois propriétaires, ces derniers disposeront de quatre ans pour rendre habitable des bâtisses délabrées. Un travail qui pourrait s’avérer coûteux lorsque l’on sait que certaines propriétés, dans un état particulièrement vétuste, sont à l’abandon depuis plusieurs générations.

Gangi est située en plein cœur de l’île de Sicile, en contrebas de la chaîne de montagnes des Madonies. Tout comme les villes et villages voisins, elle fait face à un déclin démographique continu depuis le 19e siècle, en partie dû à la perte de vigueur des activités économiques de la région. Considérée comme trop éloignée de la mer pour attirer les touristes, la ville a vu sa population passer de 16 000 habitants dans les années 1950 à moins de 7000 en 2015.

Ces nombreuses années d’exode ont laissé derrière elles de nombreuses propriétés à l’abandon. Parmi les immeubles que la ville se propose de donner, un certain nombre de pagglialore, ces maisons traditionnelles sur plusieurs étages habitées à l’époque par des fermiers. Dans ce type d’habitation typiques de la région, le rez-de-chaussée était réservé aux ânes et le premier étage aux poules et aux chèvres. La famille occupait, elle, le dernier étage.

Afin de s’assurer du succès de l’opération, la ville de Gangi a également tenu à rationaliser autant que possible le processus bureaucratique qui accompagne tout achat et rénovation d’habitation en Italie. Ce dernier, qui peut très vite s’avérer très complexe, a découragé plus d’un acheteur potentiel par le passé et est même tenu comme responsable de l’échec de projets similaires dans le pays. La ville a également décidé de ne pas acheter au préalable les propriétés en question mais simplement de se poser comme intermédiaire entre propriétaires et potentiels acquéreurs, contournant ainsi l’obligation légale de vendre les propriétés au prix du marché.

Mettant en branle « une dynamique auparavant impensable pour une ville située en plein cœur de la Sicile », selon les mots du maire Giuseppe Ferrarello, l’initiative a permis de redonner du travail aux ouvriers et artisans locaux tout en élargissant les perspectives touristiques. Très fier de son idée, Giuseppe Ferrarello considère qu’elle pourrait bien représenter le salut de Gangi : « Nous avons fait cela pour nos enfants, parce que nous aimons notre territoire. Nous voulons qu’ils restent ici », a-t-il ainsi déclaré au New York Times.

Pour l’heure, l’opération semble connaître un franc succès. Selon la ville, plusieurs dizaines d’Italiens mais aussi d’étrangers, en quête d’une maison de vacances, se seraient déjà manifestés. Une centaine de propriétés aurait d’ores et déjà été données ou vendues à des prix très inférieurs à ceux du marché, la moitié d’entre elles à des Siciliens se cherchant une résidence secondaire. Enfin, en ce qui concerne les 200 habitations restantes, la ville annonce avoir été obligée de mettre en place une liste d’attente. Gangi aura donc le luxe de pouvoir se montrer sélective vis-a-vis de ses futurs habitants.

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