Des scientifiques chinois utilisent des animaux pour prédire les tremblements de terre

En 2011, une équipe de sismologues italiens  (Photo Flickr/ neil_gerrard)
  En 2011, une équipe de sismologues italiens a pu établir, pour la première fois, l’existence d’un possible lien de causalité entre le comportement de crapauds à proximité de la ville de L’Aquila et l’imminence d’un séisme.
(Photo Flickr/ neil_gerrard)

Combiner la sismologie et l’éthologie (étude du comportement des diverses espèces animales) pourrait bien faire des miracles. En effet, à en croire une équipe de sismologues chinois de la ville de Nankin, capitale de la province chinoise du Jiangsu, les animaux se montreraient parfois aussi efficaces que les technologies de pointe pour prédire les séismes. Afin de confirmer cette hypothèse qui ne date pas d’hier, les scientifiques chinois ont récemment installé sept centres d’observation dans des zoos et parcs animaliers de la province du Jiangsu, dans l’Est de la Chine, comme le rapporte la BBC. Objectif : examiner à la loupe le comportement de milliers d’animaux pour essayer de déterminer dans quelle mesure ces derniers sont capables de ressentir les signes avant-coureurs d’une secousse.

Parmi les sites choisis se trouve, par exemple, un parc écologique du quartier de Yuhuatai hébergeant 2000 volailles, 200 cochons et un bassin de pisciculture de 2 km2. Le personnel, qui scrutera les animaux à longueur de journée à l’aide de caméras installées tout autour du parc, enverra quotidiennement deux rapports détaillés au bureau des études sismologiques de Nankin.

« Les animaux sont parfois particulièrement stressés à l’approche d’un tremblement de terre », a expliqué Zhao Bing, directeur en charge de l’opération, dans une interview accordée au site Internet d’information chinois Modern Express. Il a également justifié la décision de surveiller une grand nombre d’animaux par la volonté de s’assurer de la viabilité des résultats, « afin que les changements comportementaux puissent être recoupés ».

Au fil des années, de nombreux cas d’animaux adoptant un comportement inhabituel à l’approche d’un séisme ont été constatés à travers le monde. Ainsi, lors de l’hiver 1975, les habitants de la ville chinoise de Haicheng avaient pu observer de nombreux serpents sortir de leur phase d’hibernation, prenant ainsi le risque de s’exposer à des températures négatives et potentiellement mortelles, pour tenter de quitter la zone qui serait frappée un mois plus tard par un séisme de magnitude 7,3 sur l’échelle de Richter.

Si pour ceux d’entre nous qui sont habitués à côtoyer les bêtes cela peut sembler une évidence, la communauté scientifique ne s’intéresse sérieusement au phénomène que depuis quelques années. En 2011, une équipe de scientifiques italiens avait fait sensation en publiant dans les pages d’une revue universitaire les résultats d’une étude tendant à prouver que plusieurs espèces animales, dont les batraciens, seraient capables de détecter des changements chimiques affectant les nappes phréatiques en amont d’un séisme. Bien que très encourageants, ces résultats nécessitent encore confirmation. D’où l’importance de cette nouvelle étude qui pourrait nous permettre d’améliorer encore un peu plus notre compréhension, pour l’heure très partielle, du phénomène.

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