Les personnes atteintes du sida vivent près de 20 ans de plus qu’en 2001

 Un meilleur accès aux antiviraux a radicalement augmenté l’espérance de vie de 15 millions de personnes séropositives, selon l’ONU, mais plus de financements sont toujours nécessaires pour empêcher le retour du sida.

(photo flickr/ttfnrob)
(photo flickr/ttfnrob)

Les personnes contaminées par le virus du sida peuvent espérer vivre deux décennies de plus que celles diagnostiquées en début de siècle, notamment grâce à des antiviraux moins coûteux et plus facilement accessibles, a déclaré l’ONU dans un rapport sur la maladie longtemps perçue comme une condamnation à mort avec laquelle il faut vivre dans le secret. Une personne séropositive a désormais une espérance de vie de 55 ans, soit 19 ans de plus qu’en 2001, explique le rapport du Programme des Nations Unies sur le VIH et le sida (ONUSIDA).

Le monde a réussi l’exploit d’atteindre l’objectif ambitieux que s’était fixé l’ONU : donner accès aux antiviraux à 15 millions de personnes d’ici 2015, alors que seulement 700 000 y avaient accès en 2001. « Atteindre le chiffre de 15 millions de personnes sous traitement antiviral est l’une des plus grandes réussites de l’histoire mondiale de la santé », a déclaré Michel Sidibé, directeur de l’ONUSIDA.

Mais en dépit d’un meilleur accès au traitement, les experts avertissent que le sida pourrait faire un retour spectaculaire si les gouvernements n’augmentent pas les budgets alloués à l’accès aux médicaments au cours des cinq prochaines années. « Nous avons un fenêtre de tir de 5 ans. Nous avons réussi a faire plier la courbe du sida, mais pas encore à la faire rompre », a déclaré Michel Sidibé.

Selon l’ONUSIDA, entre 34,3 millions et 41,4 millions de personnes vivent avec le VIH. La majeure partie de la population séropositive est africaine (entre 24 millions et 28,7 millions en Afrique sub-saharienne). Cependant, le nombre de décès liés au sida a chuté de 48% en Afrique sub-saharienne depuis 2000. Surtout, le coût d’une année de traitement antirétroviral est passé de 14 000$ en 2000 à moins de 100$ aujourd’hui, explique l’étude. Le budget des interventions liées au sida est, quant à lui, passé de 4,9 milliards en 2001 à 21,7 milliards aujourd’hui.

Les objectifs de développement durable (ODD) visent à mettre fin à l’épidémie de sida en 2030. Cela signifie que n’importe qui dans le monde devrait avoir accès aux antiviraux d’ici là et que le nombre de décès par an liés au sida ne devrait plus dépasser le chiffre de 200 000. A l’heure actuelle, la moitié des personnes vivant avec le VIH ne disposent toujours pas d’un accès à un traitement adéquat.

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