Kenya : des « salles de classe en kit » à l’énergie solaire pour développer l’éducation

 Le projet « Solar Classroom in a Box », fruit d’une collaboration entre l’entreprise anglaise Aleutia, l’Université d’Édimbourg et Landscape Architecture, a pour objectif d’acheminer depuis le Royaume-Uni plus d’une centaine de « salles de classe en kit » qui seront ensuite disséminées à travers les 47 comtés kényans. Spécialement conçues pour accueillir des ordinateurs à basse consommation, ces dernières sont supposées fonctionner exclusivement grâce à l’énergie solaire et pouvoir tenir dans une simple fourgonnette.

(Capture d'écran :  Youtube/Aleutia)
(Capture d’écran :  Youtube/Aleutia)

Il ne suffit parfois que de quelques câbles, quatre batteries, un ensemble de panneaux solaires et une connexion 3G pour faire des miracles, et potentiellement transformer des vies. « Pour la quasi-totalité d’entre eux, il s’agira de leur premier contact avec un ordinateur », explique ainsi Mike Rosenberg, PDG de l’entreprise anglaise Aleutia, dans une récente interview accordée à Gizmag. Il parle bien sûr ici des près de 20 000 jeunes écoliers kényans qui auront bientôt l’opportunité d’accéder à l’une des quelque 240 « salles de classe en kit » alimentées à l’énergie solaire que l’entreprise anglaise se prépare à installer aux quatre coins du pays au cours des prochains mois.

Côté logistique, en plus de moniteurs, d’un serveur et d’un vidéoprojecteur, chacune d’entre elles sera livrée avec dix ordinateurs destinés aux élèves, ainsi qu’un ordinateur plus puissant à destination de leur professeur. Y seront installées des versions de Wikipédia et Khan Academy accessibles hors ligne. Sans ventilateur et particulièrement robuste, ces ordinateurs à basse consommation sont spécialement conçus pour pouvoir durer en milieu rural africain.

(Capture d'écran :  Aleutia.com)
 Contenu détaillé d’un kit « Solar Classroom in a Box ».
(Capture d’écran :  Aleutia.com)
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Pour ce qui est à l’assemblage de ces structures d’environ six mètres par trois, nul besoin d’avoir un ingénieur en bâtiment sous la main. Aleutia assure en effet que quelques bricoleurs compétents seront largement capables d’en venir à bout en moins d’une journée. De plus, un tournevis, seul outil indispensable à ce travail, accompagnera chacun des kits.

L’initiative, sobrement intitulée « Solar Classroom in a Box », pourrait bien contribuer à changer le visage de l’éducation dans ce pays qui demeure l’un des plus pauvres d’Afrique de l’Est. Pourtant, avec un coût avoisinant les 18 000€ par salle de classe — dont 9000€ pour la structure et 9000€ pour les équipements —, le projet n’aurait jamais pu voir le jour sans le support de la fondation privée kényane The Safaricom Foundation, qui s’est engagée à financer intégralement le projet.

De nos jours, l’accès à l’électricité demeure encore un problème de taille sur le continent africain. Bien que ce dernier héberge près d’un sixième de la population mondiale, il ne produisait que quatre pour cent de l’électricité mondiale en 2007. Une situation qui semble condamnée à demeurer compliquée en regard de l’augmentation constante de ses besoins en électricité.

De ce point vue, une utilisation accrue de l’énergie solaire, qui ne manque pas dans cette partie du monde, pourrait bien constituer une solution. Si « Solar Classroom in a Box » représente une initiative inédite au Kenya, Aleutia a déjà déployé des structures similaires par le passé dans près de 180 écoles situées en zones rurales dans une dizaine de pays en développement en Amérique du Sud et en Afrique, dont 130 rien qu’en Ouganda.

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