La K-pop, arme secrète de la Corée du Sud pour amener la Corée du Nord à la table des négociations

(photo Republic of Korea)
(photo Republic of Korea)

La tension entre la Corée du Sud et du Nord est de nouveau à son paroxysme. Tout a commencé début août lorsque deux soldats sud-coréens en patrouille ont été blessés par l’explosion d’une mine antipersonnel. Un événement qui a motivé Séoul à recommencer la diffusion de sa propagande à la frontière après 11 ans de silence.

De son côté, Pyongyang, qui n’a vraiment pas apprécié le retour de la propagande sudiste, dément être à l’origine de l’incident. Le climat d’hostilité est donc de retour. Tant et si bien qu’un échange de tirs entre soldats des deux pays a déjà eu lieu.

Pourtant, la véritable guerre est désormais psychologique. Et sur ce terrain, c’est la Corée du Sud qui semble pour l’heure prendre l’avantage. Redoublant d’imagination, elle n’a d’ailleurs pas hésité à faire usage de sa botte secrète : la K-pop. Séoul a ainsi décidé de passer en boucle le tube du groupe Girls’ Generation « Oh » (85 millions de vues sur Youtube) dans des hauts-parleurs, dont la portée peut aller jusqu’à 24 kilomètres, situés à la frontière.

« Son succès auprès des jeunes militaires sud-coréens vient de l’utilisation du mot « oppa », un terme qui désigne le frère aîné ou l’amant. Le morceau risque d’avoir autant de succès auprès des soldats nord-coréens dans la mesure où la chanson, qui tend à dépeindre une vision dramatique de la vie au-delà de la frontière, pourrait bien désillusionner les militaires par rapport à Kim Jong-un et à l’idéologie communiste de leur pays », rapporte l’agence de presse Yonhap. Des messages politiques à l’encontre du leader nord-coréen sont également diffusés entre les chansons.

Pourtant, cette tactique pour le moins originale pourrait bien avoir poussé la Corée du Nord à retourner s’assoir la table des négociations, à en croire le Telegraph. « Pyongyang a eu peur que les chansons diffusées par le sud ne finissent par convaincre les militaires en première ligne de quitter leur poste », écrit le quotidien. Alors que la Corée du Nord continue d’exiger l’arrêt de la diffusion de la propagande à la frontière, Séoul réclame des excuses pour l’explosion de la mine antipersonnel. La K-pop continuera donc de retentir jusqu’à ce qu’un compromis soit trouvé.

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