La maire de Barcelone veut supprimer la symbolique monarchique des locaux municipaux

 Depuis son arrivée au pouvoir en mai dernier, la maire Ada Colau, élue du parti Barcelone en commun (BC), livre une lutte farouche afin de faire retirer les symboles monarchiques des locaux municipaux de la ville. L’argument phare de cette républicaine convaincue ? La « singularité historique de Barcelone », capitale régionale qui s’est toujours illustrée par « ses principes démocratiques » et « sa neutralité religieuse ».

Ada Colau lors d'un meeting de campagne le 9 mai dernier. (Photo Flickr/ Barcelona En Comú)
 Ada Colau, le 9 mai dernier, peu de temps après son élection.
(Photo Flickr/ Barcelona En Comú)

Cela ne fait pas six mois qu’elle est maire de Barcelone et pourtant, la représentante de la plateforme citoyenne Barcelone en commun (BC) Ada Colau n’a de cesse de s’illustrer ces derniers temps par sa volonté de mettre à bas les symboles monarchiques. Le 23 juillet dernier déjà, elle avait décidé de manière unilatérale de faire enlever de la salle du conseil municipal un buste à l’effigie de feu le roi Juan Carlos 1er. Depuis lors, l’emplacement mural qui surplombe la présidente de session est resté vacant, comme le rapporte un article du journal catalan El Periódico.

En réaction, María de los Llanos de Luna, la déléguée du gouvernement espagnol en Catalogne, avait fait parvenir une requête écrite au conseil municipal dans laquelle elle priait ce dernier de bien vouloir remettre à sa place le buste de Juan Carlos 1. La maire, en plus de faire allusion au « mépris » qui se dégageait de cette lettre, couplé à une attitude inappropriée envers « une institution démocratique comme le conseil municipal de la ville de Barcelone », lui avait répondu que la mairie n’avait absolument pas enfreint la loi dans la mesure où aucune séance plénière ordinaire ne se tiendra dans cette salle avant le mois d’octobre.

Mais aujourd’hui, la maire entend bien passer à la vitesse supérieure. Son objectif ? Faire retirer la totalité des symboles monarchiques présents dans la salle du conseil. Pour ce faire, Barcelone en commun (BC) propose d’apporter des modifications à l’article 75 du règlement municipal, afin que le conseil puisse décider par lui-même des symboles apparaissant de façon permanente dans la salle. Une telle décision se devant de bénéficier d’une majorité absolue, Ada Colau cherche actuellement à gagner l’appui des autres partis élus de la ville.

Si la maire devait réussir à convaincre les autres partis (à l’instar du CiU, de l’ERC ou du PSC), la ville pourrait alors se permettre de ne plus afficher dans la salle du conseil le portrait de Felipe VI, nouveau roi d’Espagne depuis juin 2014. Cependant, pour l’heure, aucun consensus n’a pu être trouvé. De même, la question du vide laissé par le retrait du buste du défunt roi, abordée hier par le conseil municipal, demeure toujours en suspend.

En revanche, nouvelle provocation, le conseil a statué hier en défaveur d’une « surreprésentation de la maison de Bourbon » dans la totalité des locaux municipaux (ndlr l’amendement que cherche à faire passer le BC ne concerne que les éléments iconographiques situés dans la salle du conseil). Il reviendra donc à un historien de l’art, associé à un architecte d’intérieur, d’évaluer au cours des prochains mois dans quelle mesure il est nécessaire de redécorer les édifices.

L’argumentaire du BC se base majoritairement sur l’existence d’une « singularité historique à Barcelone », capitale régionale connue pour « ses principes démocratiques » au même titre que pour « sa neutralité religieuse ». C’est donc le caractère singulier de Barcelone qui est ici mis en avant à l’approche des prochaines élections parlementaires catalanes anticipées.

Rappelons que du résultat de ces dernières, qui se tiendront le 27 septembre prochain, dépendra l’engagement de la région sur le chemin d’une possible indépendance. En effet, en début d’année, le président de la Généralité de Catalogne, Artur Mas, avait déclaré que la Catalogne s’engagerait dans un processus d’accession à l’indépendance au cours des 18 mois suivant l’élection. À la condition cependant que les partis pro-indépendantistes réussissent à obtenir une majorité de sièges au Parlement.

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