Iran : des délinquants condamnés à acheter et lire des livres

 Un juge iranien officiant dans la ville de Gonbad-e Qabus, dans le nord-est du pays, a récemment condamné plusieurs criminels de droit commun à acheter et lire des livres au lieu de servir une peine de prison. Une décision rendue possible par de récentes modifications apportées à la loi iranienne. Cette dernière autorise dorénavant les juges à recourir, dans certains cas, à des peines alternatives à l’emprisonnement.

(Photo Flickr/ leiris202)
(Photo Flickr/ leiris202)

Eviter « l’impact physique et psychologique irréversible » qu’une peine de prison peut avoir sur les condamnés et leurs familles. C’est la volonté affichée de Qasem Naqizadeh, un juge iranien exerçant dans la ville de Gonbad-e Qabu dans le nord-est de l’Iran. Ce dernier a récemment décidé d’éviter à plusieurs criminels jugés coupables de délits mineurs d’avoir à servir une peine de prison en les condamnant à la place à acheter et lire des livres, comme le rapporte un article de l’agence de presse iranienne IRNA. Et si le juge Naqizadeh bénéficie d’une telle marge de manœuvre, c’est bien parce que la loi iranienne autorise dorénavant — depuis une récente révision — les juges à faire usage dans certains cas de châtiments alternatifs à une peine de prison.

Pionnier en la matière, le juge a ainsi condamné plusieurs individus, dont des adolescents et des personnes dont le casier judiciaire était jusque-là resté vierge, à acheter et lire cinq livres à choisir parmi une sélection d’œuvres pré-approuvées. « Les livres ont été sélectionnés afin que tous les condamnés puissent en faire usage, et ce qu’importe leurs niveaux de lecture, leurs connaissances ou leurs âges ». Ainsi, dans la liste proposée des œuvres « grand public » côtoient allègrement des ouvrages scientifiques bien plus sophistiqués.

Mais la sentence ne s’arrête pas là. Pour s’assurer que les ouvrages ont bien été lus attentivement par les condamnés, ces derniers ont pour obligation de rédiger un résumé exhaustif de ces œuvres puis de l’envoyer au juge, comme l’explique un article de la BBC. La punition, au-delà de son caractère éducatif, recouvre également une dimension spirituelle. Ainsi, les condamnés se devront d’inclure dans leurs résumés la retranscription de l’un des hadiths (recueil des communications orales attribuées au prophète Mahomet). Enfin, une fois leur tâche achevée, les condamnés devront également offrir les ouvrages en donation à un établissement pénitentiaire local.

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1 commentaires

  1. BibiCabaya 4 années ago

    Ce n’est pas une bonne idée pour la France : les pauvres condamnés auraient droit à la propagande shoatique, c’est pire qu’un peine de taule !!! LOL !

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