Facebook au secours des réfugiés qui fuient vers l’Europe

 En Irak et en Syrie, des dizaines de milliers de personnes cherchent à rejoindre l’Europe. Pour organiser ce dangereux périple, elles ont parfois recours aux réseaux sociaux, Facebook en tête.

Selon l'ONU, plus de 50 000 Irakiens ont rejoint l'Europe ces trois derniers mois. Certains d'entre eux ont utilisé Facebook. Photo Wikipedia
 Selon l’ONU, plus de 50 000 Irakiens ont rejoint l’Europe au cours de ces trois derniers mois. Beaucoup d’entre eux ont utilisé Facebook à un moment ou un autre.
(Photo  Wikipedia)

Toujours le même refrain : « Quelqu’un peut-il me dire combien ça me coûterait d’aller jusqu’en Allemagne ? Et si quelqu’un a le numéro d’un passeur expérimenté, je lui serais reconnaissant de me le communiquer ». Des messages semblables, il y en a par dizaines sur les réseaux sociaux, et notamment sur Facebook. Celui ci-dessus, retranscrit par le Washington Post, a été rédigé par un Irakien. Ce dernier, à l’instar de dizaines de milliers de ses compatriotes, mais aussi de Syriens, cherche à fuir son pays.

L’émigration s’organise sur des « groupes » publics ou privés du réseau social. Les migrants y trouvent des informations pour bien préparer leur départ sous forme de cartes, de conseils, de contacts de passeurs, voire même parfois ceux d’autres personnes dans une situation similaire. « Mon numéro est visible sur tous les groupes Facebook, et de plus en plus de monde me contacte », confie Abu Zahra, un passeur installé en Turquie, dans les pages du Washington Post. Sur Fox News, un témoignage concordant, mais cette fois ce sont les mots d’un migrant syrien :

« Sur les réseaux sociaux, j’ai regardé où aller, qui était le meilleur passeur, et de quoi j’avais besoin pour le voyage ».

Malgré un accès à Internet limité (en Irak, seuls 9% de la population se connecte quotidiennement), les personnes désireuses de s’enfuir cherchent tous les moyens possibles pour obtenir une connexion, notamment via leur téléphone portable. « La majorité des déplacés passent leur temps sur les ordinateurs afin d’identifier le meilleur moyen de partir », décrit ainsi Saa’ib Khidr, activiste dans un groupe de défense des minorités Yazidis, au Washington Post.

Et cela ne s’arrête pas là, car c’est pendant toute la durée du voyage que Facebook demeure un outil prisé des migrants. Ils y postent parfois des photos, des vidéos, et des conseils. Le réseau social, quand ce n’est pas WhatsApp, leur sert également à donner des nouvelles à leurs proches. Parti d’Irak, Anwar al-Sary a été jusqu’à poster ce message après avoir finalement atteint l’Allemagne :

« Merci à celui qui a inventé Facebook. #Mark »

L’utilisation des réseaux sociaux ne diminue pourtant en rien les risques pris par ces milliers de personnes qui fuient la guerre et la misère. La peur de tomber sur un passeur qui ne serait pas digne de confiance est toujours présente, malgré les avis. Quant aux prix, ils restent exorbitants (il faut comptez entre 3000 et 4000 dollars américains pour un voyage Irak – Allemagne préviennent certains internautes dans les commentaires). En fin de compte, les réseaux sociaux ne sont que de simples outils nécessaires à l’organisation de ce voyage de la dernière chance.

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