Réduire le fossé salarial entre hommes et femmes pourrait générer 12 000 milliards de dollars

 Autoriser un plus grand nombre de femmes à travailler dans les pays où cela demeure interdit ou encore tout faire pour progressivement résorber le fossé salarial entre hommes et femmes. Voilà les mesures préconisées dans une récente étude commanditée par le McKinsey Global Institute.

Photo d'illustration (photo flickr/josepcastell)
 Photo d’illustration (photo flickr/josepcastell)

Aux États-Unis et en Europe, les femmes sont d’ores et déjà à l’origine de près de 40 % de la production de richesse. Un chiffre qui tombe à 18 % en Afrique du Nord et au Moyen-Orient, voire même à 17 % au niveau du sous-continent indien, comme le rappelle un récent article du Guardian.

Pourtant, si chaque pays du monde réalisait, à travers la mise en place d’une série de réformes, des avancées permettant d’aller vers une résorption du fossé salarial entre hommes et femmes, 12 000 milliards de dollars supplémentaires (soit environ 10 700 milliards d’euros) pourraient être générés chaque année, c’est à dire presque 4,5 fois le PIB annuel de la France.

Cette conviction est celle des analystes qui viennent de réaliser une étude poussée visant à mesurer l'(in)égalité entre les sexes dans 95 pays pour le compte du McKinsey Global Institute, un cabinet de conseil qui travaille pour de nombreuses entreprises internationales ainsi que plusieurs dizaines de gouvernements. Basée sur quinze indicateurs différents, l’étude se penche sur le rôle changeant des femmes dans le milieu du travail, mais aussi sur d’autres variables dont la disponibilité de moyens de contraception ou encore la possibilité d’accéder à des services bancaires.

Il en ressort que l’économie mondiale tout entière pourrait grandement bénéficier d’une réduction des inégalités hommes-femmes dans le monde du travail. Les auteurs de l’étude vont même un cran plus loin en assénant qu’une résorption totale du fossé salarial hommes/femmes pourrait générer un surplus de 28 000 milliards de dollars chaque année. Si (malheureusement) l’objectif demeure pour l’heure irréaliste, les analystes de McKinsey recommandent malgré tout aux États et entreprises privées du monde d’incorporer un plus grand nombre de femmes dans leurs effectifs, mais aussi de confier des tâches « plus productives » — c’est-à-dire ne se résumant pas à des emplois peu qualifiés dans l’agriculture ou l’industrie — à celles qui en font déjà partie.

Les auteurs ajoutent cependant que ces progrès économiques devront vraisemblablement s’accompagner d’avancées sociales. « Nous n’avons trouvé aucun pays possédant un niveau élevé d’égalité entre les sexes d’un point de vue social et une faible égalité entre les sexes dans le monde du travail », précisent-ils. L’étude met ainsi en avant que la réduction du fossé salarial passerait avant tout par la réalisation de progrès dans quatre domaines principaux : « l’éducation », « l’inclusion financière et digitale », « la protection juridique des droits de la femme » et enfin un « partage équitable du travail non rémunéré (cuisine, nettoyage, prise en charge des enfants, etc) entre hommes et femmes ».

La réduction des inégalités entre les femmes et les hommes est l’un des thèmes centraux du sommet des Objectifs de développement durable (ODD) qui s’est ouvert vendredi 25 septembre à New York.

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