Japon : La paume de la main pour débloquer des prêts d’urgence en cas de catastrophe

 Un nouveau service d’authentification biométrique permettant aux victimes de catastrophes naturelles d’obtenir des prêts d’urgence entrera en service à partir d’octobre prochain dans six des préfectures de l’archipel nippon. Cette initiative de la Gifu Bank, une banque régionale implantée sur Honshū (la plus grande île du Japon), est quelque chose de totalement inédit.

Des survivants du tsunami qui a ravagé l'archipel nippon en 2011 obligés de quitter leur ville.  (Photo Flickr/ Warren Antiola)
 Des survivants du tsunami qui a ravagé l’archipel nippon en 2011 contraints de quitter leur ville.
(Photo Flickr/ Warren Antiola)

Séismes, tsunamis, éruptions volcaniques, crise nucléaire, inondations, décidément rien ne semble vouloir épargner l’archipel nippon. Sa situation géographique, tout aussi exceptionnelle qu’extrême, a obligé les japonais à cohabiter avec une nature souvent si menaçante qu’elle a participé à forger au cours des siècles le schéma organisationnel d’une société bien souvent considérée comme rigide par les Occidentaux.

Et si les réactions, pour le moins maladroites, des autorités face à la catastrophe de Fukushima ont récemment quelque peu mis à mal ce modèle, il n’en demeure pas moins que les Japonais savent encore se montrer particulièrement inventifs pour faire face aux conséquences des catastrophes naturelles et aider les victimes de ces dernières.

Le nouveau service que la Gifu Bank proposera à partir d’octobre en est un bon exemple. Cette banque de la région de la préfecture de Gifu, située au centre de Honshū (la plus grande île du Japon), deviendra très bientôt la première institution financière à offrir aux victimes de catastrophes naturelles la possibilité d’obtenir directement des prêts d’urgence accessibles depuis n’importe quel guichet automatique équipé de la technologie nécessaire pour scanner la paume de leur main, comme l’explique un article du Asahi Shimbun. Avec ce système, il ne sera nullement nécessaire d’avoir sur soi une quelconque carte de retrait ou ses papiers d’identité — qui pourraient avoir été perdus ou détruits lors de la catastrophe — pour obtenir une somme pouvant aller de 10 000 yens (environ 74 euros) à deux millions de yens (environ 14 860 euros) permettant de subvenir aux premiers besoins.

Le service de prêts d’urgence entrera en action dès le lendemain d’un tremblement de terre d’une magnitude de 6- sur l’échelle de Shindo, d’une catastrophe naturelle engendrée par de fortes pluies ou encore, par exemple, d’une éruption volcanique. Pour information, l’échelle de Shindo est une échelle d’intensité sismique utilisée par l’Agence météorologique japonaise (AMJ) afin de mesurer le degré de tremblement d’un point à la surface de la Terre et qui peut donc varier selon l’endroit, à l’inverse de l’échelle de Richter qui mesure elle la magnitude totale d’un tremblement de terre. Ces prêts resteront disponibles au cours du mois suivant la catastrophe au sein des six préfectures japonaises où la banque possède des filiales : Tokyo, Osaka, Gifu, Aichi, Mie et Shiga. Quant à la question des délais de remboursement, la banque évoque des périodes de deux à six ans et des intérêts qui ne seraient prélevés qu’à partir de la deuxième année de la période de remboursement.

La Gifu Bank, une banque régionale de la préfecture de Gifu, a introduit ce service d’authentification biométrique en 2012. Jusque-là réservé aux dépôts d’argent, il aurait déjà séduit plus de 320 000 utilisateurs à travers le pays. Face à ce succès d’estime, les dirigeants, tirant les leçons des récentes catastrophes naturelles qui ont frappé le pays, ont décidé que le service pourrait également être utilisé afin d’aider les survivants ayant des problèmes pour retirer ou emprunter de l’argent auprès des institutions financières. « Le système de reconnaissance des veines de la paume de la main nous permet d’offrir promptement des services d’aide d’urgence, et nous comptons faire bon usage de cette technologie en cas de catastrophe majeure », a ainsi expliqué un cadre de la Gifu Bank au Asahi Shimbun.

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