Pakistan : La charia n’interdit pas aux femmes de se montrer à visage découvert

 Le Conseil d’idéologie islamique pakistanais s’est prononcé lundi en défaveur du port de la burqa. Selon la haute instance, les femmes n’ont aucune obligation de se couvrir le visage, les mains ou les pieds en regard de la loi islamique.

(Photo Flickr/ Zainub Razvi)
(Photo Flickr/ Zainub Razvi)

Une « marque d’ouverture pour un pays conservateur ». C’est ainsi que le journal suisse Le Matin résume la décision du Conseil d’idéologie islamique (CII) pakistanais. Créé en 1962 pour conseiller le parlement pakistanais en matière de compatibilité des lois du pays avec la charia, le CII vient en effet d’affirmer que la loi islamique n’obligeait absolument pas les femmes à porter le voile, ou même à se couvrir les mains ou les pieds.

Cette décision, pour le moins inattendue, de la plus haute institution religieuse du pays, a été saluée par les défenseurs des droits de l’Homme qui l’ont qualifiée d’«encourageante ». Rappelons que l’islam sunnite est la religion majoritaire de 75% des près de 190 000 habitants de la République islamique du Pakistan, devant l’islam chiite, religion de 20% de la population.

Le président du CII, Maulana Muhammad Khan Sheerani, a néanmoins insisté sur le fait qu’il demeure vivement conseillé aux « femmes de respecter la morale en gardant une attitude honorable en société » et de « couvrir les parties de leur corps afin de se prémunir contre des menaces ou des méfaits », comme le rapporte un article de Rappler.

Interrogée par l’AFP, Farzana Bari, une militante des droits de la femme, a néanmoins déclaré qu’elle y voyait « un signe positif » car « le clergé semble avoir réalisé que sa légitimité était contestée » et qu’elle voyait dans cette décision du clergé l’objectif d’améliorer son image.

Ce n’est pas la première fois que les décisions du CII, qui n’ont pas valeur de loi et ne demeurent rien d’autre que des recommandations, provoquent la surprise. Cependant, jusque-là ces décisions n’allaient que rarement dans le sens d’une plus grande ouverture. L’année dernière, l’institution religieuse s’était par exemple prononcée contre l’interdiction du mariage des enfants, qui serait selon elle incompatible avec la charia, et avait expressément demandé au gouvernement de modifier la loi en ce sens, s’attirant au passage les foudres des défenseurs des droits de l’Homme.

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