Norvège : Oslo envisage d’abolir les devoirs à la maison

 Le conseil municipal de la mairie d’Oslo envisage d’abolir temporairement les devoirs à la maison, une pratique qui, selon lui, participerait à « renforcer les inégalités sociales ». Ce qui ne serait pour l’heure qu’un essai pourrait néanmoins concerner plusieurs dizaines de milliers d’écoliers norvégiens.

(Photo Flickr/ dreamhamar by Ecosistema Urbano)
(Photo Flickr/ dreamhamar by Ecosistema Urbano)

Le nouveau conseil municipal d’Oslo n’a pris ses fonctions que mercredi, et pourtant, cette coalition de centre gauche (qui regroupe le parti travailliste, le parti de l’environnement et le parti socialiste de gauche), n’en finit déjà plus de faire parler d’elle.

Il y a quelques déjà, elle a annoncé son intention de bannir les voitures particulières du centre-ville d’Oslo d’ici 2019. L’objectif étant de diviser de moitié les émissions de gaz à effet de serre de la capitale norvégienne. Dans la foulée, une seconde annonce a laissé entendre que la ville devrait également retirer l’ensemble de ses investissements du secteur des énergies fossiles — ce qui serait une première mondiale pour une grande capitale européenne.

Mais ce n’est pas tout. Au moment de mettre en place la coalition, le parti socialiste de gauche a aussi réussi à arracher des autres la promesse « d’essayer des méthodes alternatives d’évaluation et d’autres manières d’organiser les devoirs à la maison ». Le nouveau conseil municipal entend désormais tenir ses engagements, comme le rapporte un article de la version norvégienne du quotidien The Local.

Première étape envisagée : abolir temporairement les devoirs à la maison pour les enfants âgés de six à treize ans, ou au minimum jusqu’à l’âge de neuf ans. L’argument phare du conseil municipal étant que, dans leur forme actuelle, ces derniers « participeraient à renforcer les inégalités sociales », comme l’explique un article de The Independant.

En effet, les écoliers ne sont pas tous égaux face à la charge de travail supplémentaire que constituent les devoirs à la maison, l’environnement familial étant loin d’être le même pour tous. Là où certains élèves bénéficient de l’aide de leurs parents, d’autres au contraire se retrouvent clairement désavantagés. « Un couple de parents sur trois déclare qu’ils sont parfois dans l’incapacité d’aider leurs enfants à faire leurs devoirs », peut-on ainsi lire sur le site Internet du parti socialiste de gauche.

« À la place, nous voulons nous concentrer sur ce qu’on appelle le « travail personnel à l’école », au cours duquel les écoliers peuvent bénéficier de l’aide leur professeur pendant qu’ils sont encore dans l’enceinte de l’établissement », a expliqué Audun Lysbakken, la chef de file des socialistes de gauche d’Oslo, à la radio norvégienne NKR. Selon elle, les bénéfices d’une telle pratique seraient doubles car « cela garantit un meilleur apprentissage pour tous les enfants et moins de stress pour les familles ».

Le sujet n’a rien de nouveau en Norvège. Cela fait maintenant plusieurs années que de nombreux parents se battent pour faire abolir les devoirs à la maison, souvent jugés contre-productifs. Oslo pourrait bien être la première ville à sauter le pas.

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