Une firme réagit à la hausse de 5500% du prix d’un médicament contre le SIDA

 Après l’augmentation phénoménale du prix d’un médicament principalement destiné aux personnes séropositives, une compagnie pharmaceutique décide de commercialiser le même médicament pour 1 dollar.

Le Daraprim est un médicament prescrit pour les personnes malades de la tuberculose, une maladie fréquentes chez les personnes atteintes du SIDA. (Photo Flickr)
 Le Daraprim est un médicament prescrit pour les personnes atteintes de la tuberculose, une maladie fréquente chez les personnes séropositives. (Photo  Flickr)

En septembre dernier, les malades américains atteints du SIDA apprenaient que l’un de leurs médicaments augmentait de 5500%. Une décision prise par Martin Shkreli qui, en rachetant la compagnie pharmaceutique Turing, s’est aussi payé le luxe de multiplier par 55 le prix du fameux Daraprim.

En le passant de 13,50 dollars le comprimé (ou 18 selon les sources) à 750 dollars, cette nouvelle a suscité de vives réactions, tant parmi les malades que parmi les associations de santé et les politiciens, comme le soulignait le site Slate. Mais Martin Shkreli, que certains surnomment « l’homme le plus détesté des Etats-Unis », pourrait voir entrer sur le marché un nouveau rival : la firme pharmaceutique Imprimis. Basée à San Diego, elle a annoncé qu’elle allait commercialiser l’équivalent du Daraprim pour 1 dollar le comprimé, peut-on lire dans le IFL Science.

Jusqu’à présent, Turing avait le monopole sur ce remède prescrit généralement aux séropositifs souffrant de la toxoplasmose, une maladie courante chez ces patients. Pourtant, le principal composant du Daraprim, la pyriméthamine, est un composant générique, ce qui signifie que « n’importe quel fabricant de médicaments peut devenir un concurrent », souligne le San Diego Union Tribune. C’est pour cette solution qu’a récemment opté Imprimis, en mélangeant de la pyriméthamine et de la lucovorine, pour obtenir un comprimé semblable à celui de son concurrent. A l’exception près qu’elle le vendra 750 fois moins cher. Dans le IFL Science, Mark Baulm, PDG d’Imprimis, détaille leur démarche :

« Nous nous sommes sentis concernés par l’augmentation des prix [des médicaments génériques], cela nous a décidé à agir et à trouver une solution pour aider les patients qui en ont besoin. »

Mais le magazine Forbes reste dubitatif quant au succès du « nouveau » Daraprim. Imprimis a beaucoup d’obstacles à franchir, dont un majeur : son médicament n’a pas encore obtenu l’approbation de l’Administration de la nourriture et des médicaments (FDA), comme tous les produits alimentaires et médicamenteux.

Si les composants du nouveau Daraprim sont connus de la FDA, ce n’est pas le cas du mélange obtenu par Imprimis. Outre un risque de méfiance de la part des patients et des soignants, il est également impossible pour les pharmacies de commander ce produit en gros : une prescription individualisée d’un médecin est à chaque fois nécessaire. « Obtenir l’accord de la FDA pour le médicament-même va prendre des années et coûter des millions », reconnaît Mark Baulm dans le San Diego Union Tribune.

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2 commentaires

  1. Nj 4 années ago

    L’approbation de la FDA n’est pas qu’une labellisation ! Il s’agit de l’agence de référence dans le monde en ce qui concerne la mise sur le marché des médicaments de tout genre. Cela concerne autant la molécule en tant que telle que les procédés employés, les installations de production, etc. Donc c’est clairement un obstacle majeur qui peut signer la mort du projet ! Et pas seulement aux USA: les firmes produisant en Europe par exemple laisseront très sûrement tomber un médicament qui n’est pas approuvé par la FDA, car cela ferme les portes d’un marché énorme… Bref, juste histoire de préciser ! 😉

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    1. Maxime Lelong
      Maxime Lelong 4 années ago

      Bonjour Nj, vous avez tout à fait raison, la formulation pouvait prêter à confusion, nous l’avons corrigée pour qu’il n’y ait plus de doute. Merci à vous.

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