Chili : Les deux plus gros producteurs de papier toilette accusés de s’être entendus sur les prix

 Le service de police chilien chargé de la délinquance économique vient de mettre en examen les deux plus gros producteurs de papier toilette du Chili. Ces derniers sont accusés de s’être entendus sur les prix des produits qu’ils ont commercialisés dans le pays entre 2000 et 2011. Pourtant, faute de dispositions législatives adéquates, les responsables ont toutes les chances de s’en tirer à moindres frais.

(Photo Flickr/ Dean Hochman)
(Photo Flickr/ Dean Hochman)

C’est une fois encore le peuple chilien qui se retrouve lésé. Les deux plus gros producteurs de papier toilette du Chili, CMPC (aussi connue sous le nom de « La papelera ») et SCA Chile, viennent d’être mis en examen par le service de police chilien chargé de la délinquance économique pour s’être entendus sur les prix du papier hygiénique, mais aussi d’autres produits, entre 2000 et 2011, comme le révèle un récent article paru dans le quotidien espagnol El País.

Comme le fait remarquer le journal, le profil des dirigeants des deux entreprises a de quoi inquiéter quant au niveau de corruption pouvant exister dans le pays. D’un côté, CMPC, une entreprise du Groupe Matte, est la propriété de l’une des familles les plus riches et les plus influentes du Chili. De l’autre, SCA Chile est la propriété de Gabriel Ruiz-Tagle, anciennement ministre des Sports sous la présidence de Sebastián Piñera (2010-2014).

À elles deux, CMPC et SCA Chile contrôleraient plus de 90 % du marché du papier toilette, mais aussi des serviettes en papier, des mouchoirs et d’autres produits hygiéniques. Leurs chiffres d’affaires combinés dépassent les 400 millions de dollars américains (soit environ 363 millions d’euros) par an.

Selon les enquêteurs, Ruiz-Tagle et Jorge Morel, les dirigeants des deux entreprises, pourraient être directement impliqués. Ils se seraient tout d’abord secrètement rencontrés dans un club de golf situé en banlieue de Santiago, principal centre urbain et capitale du pays. Dans un second temps, ils se seraient régulièrement réunis, avec d’autres responsables, dans une caserne de pompiers située dans la partie est de la ville. Les deux hommes sont également accusés d’avoir eu recours à de fausses adresses e-mail ainsi qu’à des cartes d’appel prépayées pour continuer à communiquer sans risque au fil des années. Par la suite, ils auraient même poussé le vice jusqu’à échanger des informations sous forme de fausses invitations à des mariages. Des techniques dignes des pires mafias.

« Il s’agit d’un problème très sérieux », a déclaré jeudi dernier la présidente chilienne Michelle Bachelet. Cette dernière a tenu à condamner très fermement cette collusion, qu’elle a qualifié de « forme d’abus se faisant au détriment des gens, de l’économie, de la confiance et de l’image que renvoie notre pays au monde ». Elle a également assuré qu’elle ferait tout son possible pour accélérer l’adoption d’une proposition de loi visant à augmenter les peines encourues pour ce genre de délits. À l’heure actuelle, l’entente sur les prix n’est même pas passible d’une peine de prison, mais simplement d’une forte amende.

Ce n’est malheureusement pas la première fois que le pays est secoué par un scandale de ce genre. Récemment encore, le Chili a été le théâtre d’affaires de collusion concernant les prix de la viande de volaille ou encore le coût des médicaments sur ordonnance.

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