Los Angeles envisage d’humilier publiquement les gaspilleurs d’eau

 Alors que l’ouest des États-Unis continue de faire face à une sécheresse historique, la ville de Los Angeles réfléchit à de nouveaux moyens d’inciter ses résidents à ne plus gaspiller la précieuse eau. Après l’instauration de nombreuses mesures à l’efficacité mitigée, la métropole envisage désormais de donner une dimension officielle à un phénomène qui a déjà conquis les réseaux sociaux américains : le « drought shaming », comprendre “l’humiliation des utilisateurs excessifs d’eau”.

(Photo Flickr/ Andrew Hart)
(Photo Flickr/ Andrew Hart)

Depuis quelques mois, le « drought shaming », un phénomène qui consiste à « humilier » les personnes qui gaspillent de l’eau en les dénonçant sur les réseaux sociaux, constitue une pratique populaire sur les réseaux sociaux américains. Tant et si bien que la ville de Los Angeles envisage de s’en servir pour mettre la pression aux résidents qui utilisent plus que leur part de ressources en eau — des ressources qui continuent de s’amenuiser rapidement en cette période de sécheresse historique. Résultat, les noms de ces personnes peu soucieuses de l’environnement pourraient bientôt être affichés au su et à la vue de tous, et cela tout à fait légalement, comme le révèle un récent article du Guardian.

Paul Koretz, un conseiller de la ville, a approuvé le mois dernier une motion donnant trente jours au département de l’eau et de l’énergie de Los Angeles pour recommander des mesures visant à limiter l’usage excessif de l’eau. À l’époque, la situation semblait si désespérée que la fermeture pure et simple des robinets d’approvisionnement avait même été envisagée, comme le révèle le Los Angeles Times. C’est à ce moment que l’idée d’une forme officielle de « drought shaming » aurait été évoquée pour la première fois. À en croire le quotidien local, la ville envisage également de durcir les règles concernant le gaspillage et infliger de fortes amendes en cas de consommation excessive.

“Quelle sécheresse ? Les pelouses des célébrités n’ont jamais été aussi vertes”, peut-on lire sur Twitter.

Selon Bronson Mack, un porte-parole de l’administration des eaux en charge de la partie sud du Nevada voisin, cité par le Guardian, publier les noms des gaspilleurs a été un moyen efficace de modifier durablement les comportements au sein de son État : « Certaines personnes nous ont dit ne pas savoir être sur la liste et vouloir travailler avec nous pour réduire les quantités d’eau qu’elles utilisent. Souvent, les gens se disent choqués de la quantité d’eau qu’ils consomment ».

À noter que le Nevada a la courtoisie de préalablement notifier les individus qu’ils sont sur le point d’être placés sur la liste. Ces derniers ont donc une chance de rectifier le tir avant d’être livrés à la vindicte populaire. En 2013, parmi les une liste regroupant les cent plus gros gaspilleurs d’eau de la région, on pouvait retrouver Floyd Mayweather, champion du monde en titre poids super-welters et accessoirement sportif le mieux payé au monde, ou encore le Prince Jefri Bolkiah, le frère du sultan de Brunei. Ce dernier utilisait à l’époque plus de 11 millions de gallons US d’eau (soit l’équivalent de 42 millions de litres) par an.

À en croire de récentes révélations du Center for Investigative Reporting, le plus gros consommateur d’eau de Californie (dont le nom n’a pas été dévoilé, mais auquel la publication a surnommé le « Prince de Wet Air ») ferait pour sa part un usage annuel de plus de 11,8 millions de gallons US d’eau (soit près de 45 millions de litres d’eau). Une quantité astronomique qui pourrait subvenir aux besoins en eau de 100 foyers ayant des habitudes de consommation normales, comme le fait remarquer le Guardian.

Un peu plus tôt cette année, plusieurs personnalités de Los Angeles ont fait les frais du « drought shaming ». C’est par exemple le cas de l’artiste américaine Barbra Streisand qui a vu des photos aériennes de son gazon bien vert se retrouver sur les réseaux sociaux.

Jusqu’à aujourd’hui, les autorités de Los Angeles n’avaient jamais envisagé de recourir à de telles méthodes. Si l’idée d’une forme officielle de « drought shaming » est finalement adoptée, il reste à savoir si les autorités publieront d’elles-mêmes une liste des gaspilleurs ou si, comme cela se fait déjà au Nevada, les données seront simplement portées à la connaissance du public sur demande des citoyens.

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