Le fossé salarial hommes/femmes pourrait mettre 118 ans à disparaître

 Selon un rapport du Forum économique mondial sur la parité entre hommes et femmes, il faudra attendre l’an 2133 au rythme actuel pour voir un monde sans écart de rémunération.

(photo illustration flickr/sexytransart)
(photo illustration flickr/sexytransart)

En Espagne, l’année dernière, les salaires les plus élevés (soit dix fois le SMIC espagnol ou plus) ont été touchés à quatre-vingt-deux pour cent par des hommes, comme le révèle le quotidien El País dans un article paru aujourd’hui se basant sur les données du ministère des Finances du pays.

Plus précisément, cette catégorie de personnes était composée de 105 000 hommes contre 22 792 femmes, ce qui représente un ratio de près de cinq hommes pour une femme. Le constat n’est guère mieux du côté du salaire moyen dans cette classe de la population : 152 174 euros par an pour les hommes contre 133 404 euros pour les femmes. Alors même que les hommes ne représentent que 54% du nombre total des salariés déclarés.

L’Espagne est loin d’être un cas à part. À en croire les données du Forum économique mondial, le pays serait même carrément l’un des plus égalitaires au monde en la matière. Il se classe ainsi 25e sur 145 pays pris en compte.

En 2015, les femmes gagnent en moyenne dans le monde autant que ce que les hommes gagnaient en 2006, nous apprend même la BBC. Pour avancer cela, le média britannique se base sur les données du dernier rapport mondial sur la parité entre hommes et femmes. Un rapport intéressant à de nombreux égards, qui nous apprend également que le fossé salarial entre les hommes et les femmes pourrait, en se basant sur la dynamique actuelle, mettre 118 ans à se résorber totalement dans le monde.

D’après ce même rapport, il y aurait aujourd’hui 250 000 millions de femmes de plus qui travailleraient dans le monde qu’en 2005. Néanmoins, comme le fait justement remarquer la BBC, il n’y a qu’au Burundi, au Malawi, au Mozambique et au Rwanda qu’on dénombre plus de femmes que d’hommes qui travaillent.

Autre progrès, dans 98 pays les femmes sont maintenant plus nombreuses à suivre des études supérieures que les hommes. Cependant, et c’est là que le bât blesse, ces avancées ne se traduisent que rarement par un plus grand nombre de femmes occupant des postes qualifiés ou des fonctions de direction.

À l’échelle européenne, et même mondiale, les pays nordiques semblent toujours faire plus d’efforts que les autres pour tenter de résorber les inégalités hommes/femmes. S’ils demeurent encore loin de s’être métamorphosés en sociétés complètement égalitaires, ce sont quatre de ces pays qui occupent les quatre premières places du classement. Dans l’ordre : l’Islande, la Norvège, la Finlande et enfin la Suède.

À noter aussi la sixième place du Rwanda, pays connu pour avoir un nombre très important de femmes actives en politique (voir le classement mondial de l’Union Interparlementaire (IPU) évoqué dans notre récent article « Iran : Des militantes des droits des femmes lancent une campagne pour féminiser le Parlement »). La France arrive pour sa part en 15e position du classement du Forum économique mondial (voir ci-dessous).

(Photo )
(Capture d’écran  Forum économique mondial)

Comme nous l’évoquions au sein d’un précédent article, il est important de rappeler que si l’égalité des salaires se révèle être la première des préoccupations des Américaines, Françaises, Canadiennes ou encore des Allemandes, il n’en est pas de même partout dans le monde.

En effet, les résultats d’une récente étude réalisée par l’institut Ipsos MORI et commanditée par les fondations Thomson Reuters et Rockefeller mettaient en avant que dans les pays où l’écart de salaire hommes/femmes est le plus significatif, les femmes ne semblent que peu s’en préoccuper. Pourquoi ? Parce que les femmes vivant dans des sociétés très inégalitaires n’en sont tout simplement pas à se battre pour les mêmes acquis sociaux que « la femme occidentale ». C’est l’une des raisons pour lesquelles il reste encore beaucoup de chemin à parcourir avant d’espérer voir se résorber complètement le fossé salarial entre hommes et femmes.

Et pourtant, – nous l’évoquions il y a quelques mois – réduire le fossé salarial hommes/femmes pourrait générer 12 000 milliards de dollars supplémentaires pour l’économie mondiale.

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