Kazakhstan : La retraite à 63 ans exigée par le président, âgé de 75 ans

 Le chef d’État kazakh, exempté des lois limitant les mandats présidentiels, a critiqué les fonctionnaires de son pays « s’accrochant à leur poste », rapporte le site d’information Eurasianet.org.

En visite en France le 5 novembre dernier, le président Nazarbayev a réaffirmé le partenariat stratégique entre la France et le Kazakhstan lancé en 2008. Des contrats entre des entreprises des deux pays ont été signés. (photo Elysée)
 En visite en France le 5 novembre dernier, le président Nazarbayev a réaffirmé le partenariat stratégique entre la France et le Kazakhstan lancé en 2008. Des contrats entre des entreprises des deux pays ont été signés. (photo Elysée)

Noursoultan Nazarbayev, le président du Kazakhstan, a lancé un appel aux fonctionnaires du pays, leur demandant de se retirer après 25 ans de labeur pour faire place au sang neuf. Âgé de 75 ans, le leader de ce petit pays d’Asie centrale peuplé de 17 millions d’habitants n’a cependant fait part d’aucune intention de démissionner de son poste qu’il occupe depuis 25 ans.

« Certains fonctionnaires sont fidèles au poste depuis 25 ans, c’est assez, il est temps qu’ils partent », a-t-il déclaré lors d’une réunion ministérielle, rapporte l’agence Tengri News.

Nazarbayev dirige le pays depuis 1989, d’abord comme leader communiste sous l’URSS puis comme président de la République du Kazakhstan depuis 1991. Conformément à une loi adoptée en 2010 lui accordant le titre de Chef de la Nation, il n’est pas soumis à la limite de deux mandats présidentiels prévue par la Constitution et peut donc se représenter à vie. Il a été ré-élu pour la dernière fois en avril avec 98% des voix.

Lors de la réunion qui s’est tenue la semaine dernière, Nazarbayev a averti que les personnes nommées à vie n’avaient pas leur place dans son pays. Les hauts fonctionnaires ne doivent pas se croire irremplaçables a-t-il tenu à souligner.

Propulsé dans les années 2000 par ses exportations de pétrole, le Kazakhstan est aujourd’hui aux prises avec une crise économique sans précédent. Menacé de ne connaître qu’1% de croissance cette année (contre 13,5% en 2001), le pays multiplie les coupes budgétaires, notamment dans le secteur social. A ce sujet, Nazarbayev a menacé de congédier le ministre des finances si la situation ne s’améliorait pas avant de déclarer : « Quand des ailes commencent à pousser dans le dos d’une chrysalide, ses épaules lui font mal. Nous sommes en train de vivre ce genre de moment. La transition va être douloureuse avant que nous ne puissions prendre notre envol ».

Dernière mesure prise par le gouvernement kazakh afin de faire des économies et relancer la concurrence : la fin des subventions pour le pain. Alors qu’elle était d’en moyenne à 17 ct d’euro, la baguette pourra désormais atteindre les 98 ct d’euro.

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