La Chine promet des droits aux citoyens nés en violation de la politique de l’enfant unique

 Le gouvernement chinois vient de faire la promesse que plus de treize millions de Chinois actuellement dans l’irrégularité (une grande partie d’entre eux en raison de la politique de l’enfant unique récemment réformée par le pouvoir central) vont pouvoir faire une demande de hùjí. L’obtention de ce document, qui fait à la fois office de livret de famille et de passeport intérieur, devrait grandement leur faciliter la vie en matière d’accès aux soins ou à l’éducation.

(Photo Flickr/ leniners)
(Photo Flickr/ leniners)

Le 29 octobre dernier, la Chine annonçait officiellement la fin de la politique de l’enfant unique. Cette politique publique de contrôle des naissances interdisait jusque-là à la majorité des couples chinois (exception faite de la plupart des minorités ethniques) d’avoir plus d’un enfant, sous peine de devoir payer une forte amende pour régulariser leur situation. Depuis maintenant un peu plus d’un mois, tous les couples de Chine peuvent avoir deux enfants s’ils le souhaitent.

Si elle a bien permis d’obtenir une baisse du taux de fécondité, cette politique, qui était en vigueur depuis 1979, a aussi eu un impact énorme sur la vie des millions de couples de Chinois dont beaucoup ont dû avoir recours à l’avortement, voire parfois même subir une stérilisation forcée. Pourtant, les premières victimes de la politique de l’enfant unique sont très certainement les « enfants noirs ». Ces enfants cachés, par peur de représailles, par des familles n’ayant pas respecté la loi et dans l’incapacité de s’acquitter de l’amende encourue.

Démunis d’acte de naissance ou de papiers d’identité, ces enfants n’ont souvent aucun moyen d’accéder au système éducatif, ni d’obtenir des soins médicaux ou encore d’exercer un travail déclaré. Les chiffres du recensement de 2010 ont de quoi donner le tournis. On compterait près de 13 millions d’« enfants noirs », soit près d’un pour cent de la population du pays.

Heureusement, cette aberration devrait prochainement toucher à sa fin. En effet, le gouvernement chinois vient de promettre que les « enfants noirs » pourront bientôt faire une demande de hùjí, un document faisant à la fois office de livret de famille et de passeport intérieur, comme le rapporte un récent article paru sur le site Internet de l’agence de presse nationale chinoise Xinhua. La mesure concernerait également une partie des orphelins de Chine ainsi qu’un certain nombre de sans-abris.

Il semblerait donc que le gouvernement ait tenu parole. Au moment de l’abandon de la politique de l’enfant unique en octobre dernier, il avait effectivement promis de « résoudre le problème d’accession au hùjí pour les personnes dans l’illégalité », mentionnant dans un communiqué qu’il s’agissait-là d’un « droit fondamental ».

Pourtant, malgré cette nouvelle annonce, certains demeurent encore dubitatifs, comme l’explique le Guardian dans un article, notamment car la régularisation de ces millions de personnes devrait se faire au niveau régional. En Chine, peu importe leur nature, les réformes ne se traduisent malheureusement pas toujours par des changements concrets sur le terrain.

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