Ouzbékistan : Les habitants de la capitale encouragés à réveillonner chez eux

 La mairie de Tachkent, la capitale ouzbèke, encourage fortement ses quelques deux millions d’habitants à rester chez eux pour célébrer le réveillon de la Saint-Sylvestre. De leur côté, les restaurants et les cafés de la ville sont cordialement invités à fermer pour la soirée. Un étrange appel que les autorités justifient par une volonté de préserver le caractère familial de la célébration.

Au petit matin du 1er janvier prochain, les autorités de la ville de Tachkent espèrent bien trouver des rues désertes, ou presque. (Photo Flickr/ Aleksandr Zykov)
 Au petit matin du 1er janvier prochain, les autorités de la ville de Tachkent espèrent bien trouver des rues désertes, ou presque.
(Photo Flickr/ Aleksandr Zykov)

Citoyens, pour le Nouvel An, restez chez vous ! C’est en résumé le message que la mairie de Tachkent tient à faire passer aux près de deux millions d’habitants de la capitale ouzbèke. En effet, les autorités les encouragent à célébrer le réveillon de la Saint-Sylvestre chez eux, en compagnie de leur famille et de leurs amis, comme le rapporte un récent article de l’agence de presse Podrobno news.

Il s’agirait avant tout de la part de la mairie d’une volonté de préserver le caractère familial de cette fête. De toute manière, à en croire Bohodir Goibnazarov, un fonctionnaire de la mairie cité par Podrobno news, la très grande majorité des restaurants ferme déjà spontanément le dernier jour de l’année : « les Ouzbèkes sont comme ça, ils n’ont pas besoin de restrictions, il y a juste beaucoup moins de demande ce jour-là pour dans les restaurants ».

En revanche, comme le précise un article de la BBC, les restaurants d’hôtels, où se tiendront par exemple des fêtes d’entreprise ou des soirées organisées pour les touristes, devraient être, eux, bien ouverts.

Mis à part Tachkent, d’autres villes du pays ont également pris des mesures pour essayer de cloisonner les célébrations à l’intérieur des foyers. C’est par exemple le cas à Samarkand, troisième ville du pays, où les autorités ont interdit aux lieux de divertissement et autres salles de spectacle d’accueillir plus de 400 personnes. L’ensemble de ces établissements ont aussi l’obligation de fermer au plus tard à 11 heures du soir, comme l’explique l’agence de presse Podrobno news.

La République d’Ouzbékistan, ancienne république soviétique d’Asie centrale de près de 30 millions d’habitants, n’est pas le seul régime autoritaire de cette région du monde à s’immiscer dans la vie de ses habitants en essayant de restreindre leurs droits à fêter des évènements comme ils le veulent. Au Tadjikistan voisin, autre pays où la liberté d’expression est sévèrement muselée, il est interdit de célébrer son anniversaire en public depuis 2007. Une restriction – qui ne concerne évidemment pas les élites – dont l’objectif officiel est de mettre un terme aux fêtes dispendieuses, une tradition tadjike .

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