L’Egypte et l’Inde bloquent l’Internet gratuit de Facebook

 Free Basics, le programme de Facebook permettant à certains pays d’accéder à Internet gratuitement, vient d’être bloqué en Égypte. Cette coupure intervient une semaine après celle mise en place par le gouvernement indien.

Free Basics permet d'accéder à Internet en limité gratuitement.
 Free Basics permet d’accéder à Internet en limité gratuitement.

Après l’Inde, c’est au tour de l’Égypte de bloquer Free Basics, l’ambitieux programme lancé par Facebook en partenariat avec Ericsson, Nokia, Samsung, Opera, Qualcomm et MediaTek. Développé dans le but d’apporter Internet gratuitement à des millions de personnes, il permet de se connecter bien évidemment au réseau social Facebook mais aussi de consulter différents sites web comme des portails de recherche, de santé ou de météo.

Vivement critiqué par les défenseurs de la neutralité du net, Free Basics ne permet en effet d’accéder qu’à une liste de sites sélectionnés par Facebook et ses partenaires. Il est par exemple impossible de visionner des vidéos sur YouTube grâce au service, Google n’ayant pas participé au projet. « Free Basics n’est qu’un moyen de verrouiller les utilisateurs au sein de l’écosystème Facebook », a notamment déclaré le patron d’une start-up indienne. C’est cette raison qui aurait poussé le gouvernement indien à couper le service.

Aucune mention de la neutralité du net n’est cependant faite en ce qui concerne le cas égyptien. Selon l’agence Reuters, la société de télécommunication Etisalat, qui était responsable du programme en Égypte, bénéficiait d’un permis de deux mois pour Free Basics qui aurait expiré mercredi dernier.

Cette suspension intervient au moment même où le régime du président Abdel Fattah al-Sissi intensifie ses efforts pour lutter contre les manifestations prévues à l’occasion du cinquième anniversaire, le 25 janvier prochain, du printemps arabe qui renversé le président Moubarak. Pour rappel, les réseaux sociaux, Facebook et Twitter en tête, avaient joué un rôle décisif en 2011, notamment pour mobiliser la jeunesse et organiser les protestations qui avaient conduit à la chute de Moubarak.

Cela fait maintenant plus de deux ans que le gouvernement a interdit toute manifestation non autorisée. Des jeunes dissidents en lien avec la montée de la révolte anti-Moubarak de 2011 ont été arrêtés au cours des derniers jours et des organismes culturels, lieux de rassemblement de la jeunesse militante, ont été perquisitionné.

Selon Facebook, qui s’est dite déçue de la décision du gouvernement, sur les trois millions d’Égyptiens qui avaient souscrit à Free Basics, plus d’un million n’avait pas accès à Internet auparavant. Mark Zuckerberg, PDG de Facebook, continue par ailleurs sa bataille pour rétablir le service en Inde. Lundi dernier, il a publié une tribune d’une page dans le Times of India pour demander « qui pourrait être contre cela ? »

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