Chine : Le Parti Communiste (re)part en guerre contre les “superstitions féodales”

 Les médias d’État chinois viennent d’annoncer qu’en vertu de nouveaux règlements disciplinaires, entrés en vigueur début 2016, le Parti Communiste chinois (PCC) pourra désormais exclure ceux de ses membres qui seraient tentés de s’adonner à ce qu’il considère être des « superstitions féodales ». En ligne de mire de cette campagne visant au renforcement du contrôle idéologique exercé par le PCC sur ses quelque 88 millions de membres, le feng-shui, un art taoïste millénaire originaire de l’Empire du Milieu, ou encore le recours à la divination.

(Photo Flickr/ Anni)
(Photo Flickr/ Anni)

Le premier janvier, le Parti Communiste chinois (PCC) a adopté de nouveaux règlements disciplinaires faisant de la pratique des « superstitions féodales » une violation explicite des règles du parti. Les instances dirigeantes auront désormais la possibilité d’exclure ceux de leurs membres qui organisent de telles cérémonies, comme le rapporte un récent article publié sur le portail d’information Hong Kong Free Press. Quant aux simples participants, ils seront passibles d’un avertissement.

Tout particulièrement visée, la pratique du feng shui, un art taoïste millénaire chinois qui connait une certaine popularité en Occident depuis le début des années 2000. Par tradition, un grand nombre de Chinois se sont longtemps référés au feng shui (qui signifie littéralement « le vent et l’eau ») pour planifier, par exemple, l’urbanisme des villes, les plans de leur maison ou encore l’inhumation de leurs morts. En Occident en revanche, l’application du feng shui reste souvent limitée à l’aménagement intérieur et à la décoration.

Également dans la ligne de mire du PCC, d’autres pratiques comme la divination auxquelles plusieurs personnalités chinoises appartenant à l’élite du parti ont été accusées d’avoir eu recours ces dernières années.

La « guerre » du PCC contre les « superstitions féodales » n’a rien de nouveau. Elle remonte en réalité aux tout premiers jours de la République populaire de Chine, qui avait purement et simplement interdit le feng shui sous Mao Zedong. En 2003 déjà, lors d’une précédente mise à jour des règlements disciplinaires, les « superstitions féodales » avaient été catégorisées comme des activités pouvant « nuire à la productivité, au travail ou à l’ordre social ».

Cette année, le président chinois Xi Jinping aura surtout fait parler de lui en raison de sa campagne anticorruption à grande échelle qui a d’ores et déjà coûté leur poste à de nombreux cadres depuis 2013.

En parallèle de ces actions très médiatiques, le 7e président de la République populaire de Chine, en poste depuis le 14 mars 2013, est aussi à l’origine d’une tentative de refonte du PCC. Ainsi, en demandant aux adhérents d’appliquer de façon plus stricte l’idéologie professée par le PCC et en leur interdisant de critiquer publiquement les politiques publiques, Xi Jinping espère certainement renforcer son emprise sur le parti.

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