Turkménistan : Vers une interdiction totale de la vente de tabac

Mi-janvier à Achkhabad, la capitale turkmène, les autorités ont décidé d’user de mesures coercitives et d’interdire aux magasins de continuer à se livrer à la vente de produits du tabac (cigarettes comprises).

 

Une murale représentant Gurbanguly Berdimuhamedow visible à la Demeure du Chaos, à proximité de Lyon. (Photo Flickr/ thierry ehrmann)
Une murale à l’effigie du président turkmène Gurbanguly Berdimuhamedow. Elle est visible à la Demeure du Chaos, à proximité de Lyon.
(Photo Flickr/ thierry ehrmann)

Le Turkménistan serait en voie d’interdire totalement la vente de tabac sur son territoire. Ce petit pays d’Asie Centrale aurait donc rejoint le (très maigre) rang des pays prohibant purement et simplement la vente de tabac sur leurs territoires. Pour l’heure, le petit royaume himalayen du Bhoutan est le seul à avoir passé une interdiction similaire, en 2005. Si l’interdiction n’a toujours pas fait l’objet d’une annonce officielle par le gouvernement, le timing se révèle impeccable : elle intervient seulement un peu plus d’une semaine après que le président Gurbanguly Berdimuhamedow, dentiste de formation, a exigé la mise en place de nouvelles « mesures drastiques afin d’éradiquer le tabac ».

Les vendeurs qui décideraient de braver l’interdiction s’exposent à des amendes faramineuses pouvant atteindre la somme de 6 900 manats (environ 1823 euros), soit l’équivalent de près de 10 mois de salaire minimum dans le pays, à en croire un article paru récemment sur Chrono-TM, un site indépendant d’information turkmène opérant depuis Vienne en Autriche. Toujours selon les informations du média turkmène, les équipes du Service d’État pour la Protection de la Sécurité d’une Société Saine, dont la mission se résumait essentiellement jusque-là à lutter contre le trafic de drogue, auraient d’ores et déjà réalisé plusieurs descentes afin de veiller au bon respect de cette nouvelle directive. En réaction, un marché noir des produits du tabac, avec des prix pouvant facilement atteindre 11 euros le paquet de Marlboro, contre 8 auparavant, se serait mis en place.

L’information n’a pour l’heure pas été confirmée par les grands médias turkmènes, qui font l’objet d’un contrôle étroit de la part du gouvernement — rappelons que le pays arrive en troisième position du classement des pays les plus répressifs en matière de liberté de la presse de Reporters sans frontières. Plusieurs sources de cette petite république d’Asie Centrale auraient néanmoins pu confirmer à la BBC que les cigarettes ont bel et bien disparu des rayons.

La lutte du gouvernement turkmène contre le tabac n’a rien de nouveau. En 2011, il avait imposé une hausse de la taxe sur le tabac (faisant des cigarettes du pays les plus chères de cette partie du monde), avant de faire voter en 2013 une interdiction de fumer en public. Résultat, commenous vous en parlions encore en juillet dernier sur 8e étage : le Turkménistan serait le pays du monde avec le plus faible pourcentage de fumeurs. En effet, à en croire l’OMS, ces derniers ne représenteraient que 8% de la population.

Des résultats dont le pays ne semble décidément pas vouloir se contenter. En ce moment même, une vaste campagne de communication visant à décourager les Turkmènes de fumer est menée de front. Notamment, la télévision d’État diffuse régulièrement des reportages visant à promouvoir l’adoption d’un mode de vie sain. Le président Gurbanguly Berdimuhamedow lui-même apparaît régulièrement dans des spots télévisés faisant l’éloge des activités en plein air, comme le vélo ou de la pêche.

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