Japon : Construction de la plus grande centrale solaire flottante du monde

 La plus grande centrale solaire flottante au monde devrait voir le jour au Japon en 2018. Par souci d’économie d’espace, elle sera construite à la surface de l’un des réservoirs d’eau de la préfecture de Chiba, à l’ouest de Tokyo. À l’origine du projet, une multinationale japonaise du nom de Kyocera.

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(Photo  Kyocera)

Le pays du soleil levant s’est vu dans l’obligation de repenser en profondeur sa politique énergétique suite à la catastrophe de Fukushima. Un virage logique, bien que trop timide au goût de certains, a donc récemment été amorcé en direction des énergies renouvelables. Cependant, en raison de sa situation géographique et de sa superficie de 377 915 km2 (deux fois inférieure à celle de la France, alors que le pays héberge près du double de population), l’archipel est confronté dans ce domaine à des problématiques complexes.

Ainsi, le premier critère à respecter pour pouvoir développer un quelconque projet énergétique au Japon est celui de l’économie d’espace, qui est là-bas une denrée rare. Malgré tous leurs avantages, les volumineuses centrales solaires ultramodernes, à l’instar de ce qui se construit actuellement au Maroc, ne sont donc pas vraiment envisageables au Japon.

C’est une entreprise française, Ciel et Terre, qui la première a eu l’idée de développer des centrales solaires flottantes au Japon. Exploiter les surfaces aquatiques, une solution pour le moins prometteuse, surtout lorsque l’on sait qu’il y aurait près de 20 000 réservoirs d’eau et autres lacs d’irrigation destinés à la riziculture au pays du soleil levant. De plus, ces centrales sont généralement bien acceptées par la population dans la mesure où elles ont l’avantage de ne pas impacter les cultures.

L’entreprise française est d’ores et déjà passée de la théorie à la pratique en installant une première centrale solaire flottante sur les eaux du lac artificiel d’Okegawa (au nord-ouest de Tokyo) en 2014. Il y a seulement quelques semaines, une nouvelle installation de ce type, aux proportions encore plus ambitieuses, a vu le jour dans la région de Tokyo. En produisant la consommation électrique de 2 200 foyers, elle est actuellement la plus grande ferme solaire flottante du monde.

Face à ces succès français, rien d’étonnant à ce que la multinationale japonaise Kyocera n’ait décidé d’emboiter le pas à Ciel et Terre. L’entreprise, qui a déjà réalisé trois centrales solaires flottantes de tailles très inférieures, prévoit d’achever sa centrale électrique de Yamakura, qui décrocherait le titre de plus grande centrale solaire flottante du monde, d’ici le début de l’année 2018, comme nous l’apprend un article paru dans les pages du Guardian. Cette dernière sera située sur les eaux d’un réservoir d’eau situé dans la préfecture de Chiba, à l’ouest de Tokyo.

La centrale électrique de Yamakura sera composée de 50 000 panneaux photovoltaïques posés sur l’eau répartis sur une aire totale de 180 000 mètres carrés. Cela peut sembler beaucoup, pourtant la ferme solaire aquatique est loin de rivaliser avec les plus grandes centrales solaires terrestres. Selon les estimations de Kyocera, elle devrait être capable de produire à terme près de 13,7 mégawatts (un peu moins du double de la centrale française d’Okegawa) et de fournir en électricité près de 5000 foyers.

Depuis quelques années, le marché solaire mondial est en pleine croissance. Pas moins de 57,8 GW ont été installés en 2015 dans le monde. De plus, comme l’explique un récent article paru sur le site Internet Mr Mondialisation, bien que loin d’être exempte de tout défaut, notamment en raison des « matériaux issus de terres rares » nécessaires à la construction des panneaux photovoltaïques, l’énergie solaire reste l’une des énergies les plus propres au monde. Le taux de recyclage des panneaux étant situé de nos jours « entre 80 à 90 % », voire « 95 % pour les matériaux rares.

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