Autriche : Fini l’abattage systématique des poussins mâles

 L’Association pour la promotion de la volaille autrichienne vient de mettre en place, avec l’accord de l’industrie avicole, une initiative visant à ne plus recourir à l’abattage systématique des poussins mâles issus des élevages de poules pondeuses. Au lieu de cela, les poussins seront confiés à des élevages de poulets biologiques où ils auront l’occasion de vivre en extérieur — du moins le temps d’atteindre leur taille adulte et d’être finalement vendus sous le label « produit de volaille de haute qualité » aux consommateurs autrichiens. Ce qui ne constitue pour l’heure qu’une simple expérience pourrait bien se généraliser si le succès est au rendez-vous.

(Photo Flickr/ Suzie's Farm)
(Photo Flickr/ Suzie’s Farm)

En décembre dernier, un certain Jean A., ex-employé avicole, dénonçait dans les pages de L’Obs les conditions de vie des poussins dans les couvoirs de France. Dans ce texte, l’homme expliquait qu’en 20 ans de carrière « dans l’un des plus gros groupes de production avicole mondial », il avait eu le temps de « faire le tour » de tous les « procédés inhumains [qui] sont le résultat d’une course effrénée à la productivité ».

Becs brûlés, animaux dégriffés ou encore poussins tout simplement broyés. La liste de ces techniques, introduites au nom de la productivité, est longue. Peu importe qu’en raison du système de sélection, sur la base duquel un grand nombre d’élevages avicoles fonctionnent, les animaux vivent l’enfer.

Cette rationalité économique interdit par exemple tout futur aux poussins mâles nés dans les élevages de poules pondeuses (NDLR, les volailles élevées en vue de la production d’œufs de consommation). À ce sujet, une vidéo amateur montrant le sort leur étant réservé, tournée à San Miguel del Monte en Argentine, avait d’ailleurs enflammé la toile en fin d’année dernière.

Face à ce constat, l’Association autrichienne pour la promotion de la volaille (ZAG) a décidé de mettre en place une initiative visant à redonner un minimum d’humanité à l’industrie avicole du pays, comme nous l’apprend un récent article de The Local. Ainsi, au lieu d’être tués quelques jours après leur naissance, les poussins mâles seront placés dans des élevages de poulets biologiques, où ils auront l’opportunité de gambader à l’extérieur le temps d’atteindre leur taille adulte, avant d’être finalement vendus en tant que « produits de volaille de haute qualité » aux consommateurs autrichiens.

À noter que la viande des jeunes coqs, bien que soi-disant d’une qualité remarquable, ne sera pas vendue en supermarché, dans la mesure où elle n’arriverait pas à concurrencer la viande de volaille « classique » produite par la filière avicole. Au lieu de cela, elle sera utilisée pour la confection de saucisse ou d’autres produits dérivés de la viande de volaille.

Dans un communiqué de presse, l’Association pour la promotion de la volaille (ZAG) précise que le projet n’en est qu’à ses balbutiements et que sa pérennité dépend maintenant de l’accueil que lui réserveront les consommateurs autrichiens. Cependant, elle précise également avoir l’espoir que d’autres pays d’Europe emboiteront bientôt le pas à l’Autriche au cas où le succès serait au rendez-vous.

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