Corée du Sud : Une manifestation holographique pour défendre la liberté d’expression

 Selon l’organisation Amnesty International, la liberté d’expression est menacée en Corée du Sud. Pour la défendre et dénoncer la politique répressive de la présidente Park Geun-hye, l’ONG a décidé il y a quelques semaines d’organiser une manifestation devant la Maison Bleue (la résidence et le bureau de la chef d’État) le 24 février prochain. La police de Séoul a refusé. Qu’à cela ne tienne, l’ONG vient d’annoncer qu’elle y tiendra tout de même une “manifestation holographique”.

(Photo Youtube/Zoomin.TV)
 Une manifestation holographique, toute première du genre, à Madrid en avril dernier.
(Photo Youtube/Zoomin.TV)

Le 24 février prochain à partir de 19h (heure locale), plusieurs dizaines d’images holographiques grandeur nature de manifestants seront projetées par la branche sud-coréenne d’Amnesty International sur la place Gwanghwamun à Séoul, la capitale de la Corée du Sud. Objectif : dénoncer des atteintes répétées à la liberté d’expression dans le pays — dont la dernière en date serait l’interdiction d’une manifestation organisée à l’initiative de l’ONG devant la Maison Bleue pour dénoncer le caractère répressif de l’administration Park Geun-hye, comme l’explique un récent article du Korea Times.

Des accusations que la police de Séoul rejette en bloc. À en croire les autorités, ce refus n’aurait rien à voir avec la liberté d’expression. « Cette marche aurait certainement provoqué d’importantes perturbations de la circulation », a ainsi justifié un porte-parole de la police au Korea Herald.

Il n’y aura donc aucun embouteillage aux alentours de la place Gwanghwamun le 24 février prochain, ce qui n’empêchera pas l’ONG de faire entendre sa voix. Sur son site Internet, elle a mis en place une page web expliquant aux participants virtuels comment envoyer photos, vidéos et enregistrements audio nécessaires à la création des hologrammes, le tout par le biais d’une application de messagerie. Et la mayonnaise semble prendre. À en croire Byun Jeong-pil, directeur de campagne chez Amnesty International, plus de 150 Coréens auraient d’ores et déjà répondu présents.

Nous voulions nous réunir physiquement pour faire entendre notre voix. Comme c’est impossible, c’est l’alternative que nous avons trouvée

Les manifestations devant la Maison Bleue sont interdites depuis avril 2015. À l’époque, des violences avaient éclaté à proximité du quartier de Gwanghwamun lors d’une manifestation silencieuse en hommage aux victimes de du naufrage du ferry Sewol. Selon Amnesty International, ces dérapages incombent à la police sud-coréenne, qui avait fait usage d’aérosols de gaz poivre à l’encontre des participants.

Ce n’est pas la première fois que des militants décident de recourir à la projection holographique pour faire passer leur message. La première véritable initiative du genre, « Holograms por la Libertad », a vu le jour à Madrid, en Espagne, le 10 avril dernier. À l’époque, un collectif d’associations avait décidé de recourir aux hologrammes pour protester contre l’entrée en vigueur d’une loi liberticide qui visait, entre autres, à limiter le droit à manifester.

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