Crimée : Le parlement tatar menacé de fermeture

 La Procureure générale de la République de Crimée, Natalia Poklonskaïa, vient de demander à la Cour suprême de la péninsule de catégoriser le Majlis, l’instance politique des Tatars de Crimée, comme organisation extrémiste. Si la juridiction la plus élevée de la péninsule venait à légiférer en ce sens, le Majlis risquerait sa dissolution. Problème : selon les principaux intéressés, opposés au régime depuis l’annexion russe de la région, la demande de la Procureure serait motivée par des considérations politiques.

Mustafa Dzhemilev, l'ancien président du Majlis du peuple tatar de Crimée. Il s'est vu interdire l'accès à la péninsule jusqu'en 2019. (Photo Flickr/ Ministry of Foreign Affairs of the Republic of Poland)
Mustafa Dzhemilev, ancien président du Majlis et leader historique du peuple tatar de Crimée, s’est vu interdire l’accès à la péninsule jusqu’en 2019.
(Photo Flickr/ Ministry of Foreign Affairs of the Republic of Poland)

Les représentants politiques des quelque 250 000 Tatars de Crimée (NDLR, une minorité musulmane turcophone représentant près de 12,5 % de la population totale de la péninsule) n’ont jamais caché leur opposition à l’annexion de la Crimée par la Russie — tout comme ils n’ont d’ailleurs jamais reconnu l’issue du référendum à ce sujet. Pour preuve les multiples manifestations de soutien au gouvernement révolutionnaire de Kiev auxquelles les Tatars ont participé depuis mars 2014.

Une situation qui ne semble plus être du goût de Natalia Poklonskaïa, la Procureure générale de la République de Crimée. Selon un récent article de Radio Liberty / Radio Free Europe (RFE/RL), la juriste aurait demandé ce lundi à la Cour suprême de la péninsule d’ajouter le Majlis, l’instance politique des Tatars de Crimée, à sa liste des organisations extrémistes. Si la Cour suprême accepte, il y a toutes les raisons de penser que le Majlis sera dissout.

De nombreux Tatars ont fui la Crimée en 2014, que ce soit au moment de la saisie militaire du pouvoir par la Russie ou bien juste après. Pourtant, de nombreux autres ont fait le choix de rester vivre sur leurs terres historiques malgré la multiplication des actes d’intimidation auxquels, selon de nombreux témoignages, ils sont depuis soumis. Certains médias locaux ont même fait état de plusieurs cas de disparitions et de morts suspectes.

Comme le rappelle RFE/RL, la demande de Natalia Poklonskaïa intervient quatre jours après que les autorités russes ont ordonné l’arrestation de plusieurs Tatars de Crimée. Ces derniers seraient suspectés d’appartenir à la mouvance Hizb ut-Tahrir, un groupe musulman originaire d’Amman, en Jordanie, banni de Russie et de plusieurs républiques d’Asie Centrale. Des accusations rejetées en bloc par les militants Tatars qui dénoncent quant à eux un procès politique.

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