Chine : Les médias étrangers ne pourront plus publier en ligne

(Photo d'illustration/Flickr/World Bank/Masaru Goto)
(Photo d’illustration/Flickr/World Bank/Masaru Goto)

Le ministère de l’Industrie et de la Communication chinois a proposé en début de semaine dernière une loi qui devrait entrer en vigueur le 10 mars prochain et qui, si elle est appliquée à la lettre, interdira à toute « entreprise étrangère ou sinoétrangère de publier du contenu en ligne ». Seules les entreprises 100% chinoises pourront ainsi publier des informations sur le web, à condition qu’elles aient reçu au préalable une permission du Bureau national de la presse, de l’édition et de la radiodiffusion.

Tout éditeur de contenu en ligne à savoir « textes, photos, cartes, musique, dessins animés, jeux vidéos et autres » devra par ailleurs stocker l’intégralité de ses ressources sur des serveurs chinois. Cette nouvelle disposition a pour objectif de « réguler les publications en ligne » et de « promouvoir un développement sain et ordonné des services de presse », rapporte le site américain d’information Quartz. Si les multinationales de l’information (The New York Times, Reuters, AFP…) et du divertissement (Microsoft, Sony…) qui ont investi à coup de dizaines de millions d’euros le marché chinois il y a quelques années sont directement concernées, les experts s’accordent à dire qu’il y a peu de chance que le gouvernement chinois procède à une fermeture généralisée des diffuseurs étrangers.

Le classement mondial 2015 de la liberté de la presse édité par Reporters Sans Frontières. (capture RSF)
Le classement mondial 2015 de la liberté de la presse édité par Reporters Sans Frontières. (capture RSF)

Cette disposition semble davantage représenter un moyen supplémentaire pour Pékin de contrôler la production journalistique en Chine, pays classé 176e sur 180 au Classement mondial de la liberté de la presse 2015 édité par Reporters Sans Frontières. Peu surprenante, cette décision marque donc principalement une atteinte de plus à une liberté d’expression quasi inexistante en Chine.

Car en plus de devoir être approuvées par les autorités, les entreprises de presse chinoises devront s’appliquer à respecter toute une liste de règles éditoriales parmi lesquelles « ne pas nuire à l’unité nationale, la souveraineté et l’intégrité territoriale, ne pas divulguer de secrets d’État, mettre en danger la sécurité nationale ou nuire à l’honneur et aux intérêts nationaux ». Une ligne de conduite que le Bureau national de la presse, de l’édition et de la radiodiffusion s’évertue inlassablement à réitérer à chaque nouveau texte de loi destiné à la presse.

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