Kenya : Une prison spéciale pour les « extrémistes et criminels violents »

Mardi dernier, le président kényan Uhuru Kenyatta a déclaré souhaiter qu’un nouvel établissement pénitentiaire de haute sécurité, réservé aux extrémistes, ouvre ses portes dans le pays.

Uhuru Kenyatta, président de la République du Kenya à la 70e assemblée générale de l'ONU. (photo flickr/ United Nations Photo)
Uhuru Kenyatta, président de la République du Kenya à la 70e assemblée générale de l’ONU. (photo flickr/ United Nations Photo)

«Empêcher la propagation de l’idéologie extrémiste des terroristes vers les autres couches de la société ». C’est la raison qu’a avancé Uhuru Kenyatta, le président du Kenya, pour justifier sa volonté de créer une prison spéciale de haute sécurité où seraient incarcérés les « extrémistes et les criminels violents », comme le rapporte un récent article de Vice News. Pour l’heure, aucun échéancier n’a cependant été évoqué.

Le président n’a fait d’allusion claire à aucune organisation terroriste précise au cours de son allocution. Pourtant, sachant que le pays dispose déjà de plusieurs prisons de haute sécurité, il semble relativement clair qu’il s’agit de la dernière idée du chef d’État pour tenter d’endiguer l’influence des Chabab dans ce pays d’Afrique de l’Est — un groupe terroriste islamiste somalien d’idéologie salafiste affilié à Al-Qaïda depuis 2010.

Ces dernières années, l’organisation a multiplié les attaques dans le pays, faisant craindre une radicalisation du conflit à l’intérieur même du territoire kényan. Une escalade de violence dont le point culminant a été atteint en avril dernier lors de l’attaque meurtrière du campus de l’université de Garissa, dans le nord-est du pays, à proximité de la frontière somalienne. Bilan : 148 morts et plusieurs dizaines de blessés. Parmi les assaillants se trouvaient de nombreux citoyens kényans ayant récemment rejoint les rangs des Chabab.

Nous allons ouvrir une nouvelle prison qui accueillera les extrémistes et criminels violents — la vérité étant que nous ne pouvons pas leur permettre de répandre leur poison auprès de Kényans vulnérables

Le président Uhuru Kenyatta a également mentionné que le nouvel établissement proposera un programme de réhabilitation : « Modifier le caractère d’une personne est une chose extraordinairement difficile. Cela demande de la compassion, des compétences permettant de bien appréhender le caractère des autres et de la fermeté ».

En juin dernier, suite à l’attaque de Garissa, Kenyatta avait promis aux Kényans de développer une nouvelle campagne de lutte contre le terrorisme pour combattre l’influence des Chabab (terme qui signifie jeunesse en arabe) dans le pays, prenant soin de préciser qu’il serait certainement nécessaire de recourir à des méthodes non conventionnelles afin de lutter efficacement contre la radicalisation.

Recommandé pour vous