Zimbabwe : Pour ses 92 ans, le dictateur Mugabe s’offre un anniversaire à 800 000 dollars

 Dimanche dernier, le plus vieux président en exercice du monde soufflait ses 92 bougies. Comme chaque année, ses fidèles de l’Union nationale africaine du Zimbabwe (mieux connue sous le nom de ZANU-PF), parti politique dont Mugabe est le leader historique, organisent une grande fête en son honneur. Les agapes devraient avoir lieu ce week-end dans la ville de Masvingo, dans le sud du pays. Et cette année, l’addition s’avère particulièrement salée : 800 000 dollars américains (environ 725 000 euros), dont une partie non négligeable proviendrait directement des poches de citoyens et d’entreprises zimbabwéennes « cordialement invitées » à contribuer.

Robert Mugabe lors d'une visite officielle en Afrique du Sud en avril 2015 (Photo Flickr/ GovernmentZA)
Robert Mugabe lors d’une visite officielle en Afrique du Sud en avril 2015
(Photo Flickr/ GovernmentZA)

C’est désormais une tradition. Quand Robert Mugabe, indéboulonnable président du Zimbabwe qui dirige le pays d’une poigne de fer depuis 1980, fête son anniversaire, tous les excès sont permis. L’année dernière, au menu du festin organisé en son honneur dans un hôtel spa luxueux à proximité des chutes Victoria pour lui et ses 20 000 invités, avait été servi de l’éléphant, du buffle, de l’impala et même du lion, comme le rapportait alors le Guardian. Coût estimé : 105 000 euros.

Cette année, à l’occasion des 92 ans du chef historique de la ZANU-PF, ses fidèles ont décidé de septupler la mise, comme le révèle un récent article du Global Post. Sa fête d’anniversaire à 725 000 euros aura lieu ce week-end dans un stade de la ville de Masvingo, dans le sud du pays. Au programme, un festin dont le menu est pour le moment tenu secret, agrémenté d’un tournoi de football et d’une soirée de gala intitulée « Bien Joué Bob », au cours de laquelle devraient se produire quelques-uns des musiciens les plus célèbres du pays.

Cette région du Zimbabwe a particulièrement souffert du récent épisode de sécheresse causé par le phénomène El Niño sur cette partie du continent — qui a d’ailleurs engendré une hausse importante des prix des denrées alimentaires. La région comme d’autres parties du Zimbabwe est également victime d’une grave pénurie énergétique contraignant de nombreux habitants à n’avoir accès à l’électricité que quelques heures par jour.

Mais peu importe les difficultés du pays, l’heure est à la fête pour le dictateur et quelques citoyens et propriétaires de certaines entreprises du pays, dont plusieurs mines de diamant, gentiment priés de participer financièrement à l’événement, selon un article paru le mois dernier dans The Zimbabwean. En charge de réunir ce « pot commun » : de jeunes partisans du « Mouvement du 21 février », une organisation aux ordres du président fondée en 1986 dans le but d’encourager les jeunes Zimbabwéens à émuler son « caractère désintéressé et ses qualités de meneur ». Un procédé qui n’a rien de nouveau. Jeune Afrique dévoilait déjà l’utilisation de méthodes similaires en 2012.

Comme toujours, le Mouvement pour le changement démocratique, principal parti d’opposition du pays, a déclaré être dans l’incompréhension la plus totale devant de telles dépenses dont l’unique but est de satisfaire un seul homme :

Au même moment, le gouvernement clame que les caisses sont vides et qu’il est dans l’incapacité de payer à temps les professeurs, les infirmières et les docteurs

Cela fait maintenant 36 ans que Robert Mugabe, plus vieux président en exercice du monde, est à la tête du Zimbabwe. Il a accédé au pouvoir en 1980, suite à l’indépendance du Zimbabwe auparavant connu sous le nom de Rhodésie du Sud. Il a depuis toujours refusé de quitter ses fonctions, ou même simplement d’appointer un successeur. Une situation qui a récemment crée des tensions au sein de son parti, la ZANU-PF, où plusieurs factions s’entre-déchirent sur fond de lutte pour la succession.

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1 commentaires

  1. romain blachier 4 années ago

    Merci pour l’article. Comme le disait je crois RFI il y a peu, le Zimbabwe avait disparu des écrans médiatiques internationaux.
    Il en a fallu du courage aux opposants du MDC pour survivre face à ce régimr.

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