Cuba : Sept dissidents autorisés à voyager une unique fois à l’étranger

 Le pays vient d’accorder à sept dissidents, anciens prisonniers politiques, une permission exceptionnelle de voyager une fois à l’étranger pour « bonne conduite ». Une décision totalement arbitraire à en croire l’un des intéressés.

(photo flickr/flippinyank)
(photo flickr/flippinyank)

Sept membres d’un groupe de onze dissidents, qui avaient été emprisonnés lors du Printemps noir de mars 2003, ont appris dimanche qu’ils seraient libres de quitter le pays, dans le cadre d’un seul et unique voyage, rapporte le Guardian. Cette « récompense pour bonne conduite », comme l’ont prétendu les autorités cubaines, a été refusée à quatre autres anciens prisonniers du groupe, qui se trouvent aussi étrangement être ceux qui sont les plus actifs politiquement.

Cette décision, certes inédite, intervient quelques semaines seulement avant la visite historique sur l’île du président américain Barack Obama — il sera le premier président américain à s’y rendre depuis Calvin Coolidge, en 1928. Selon les dires du président Obama lui-même, son déplacement des 21 et 22 mars prochains aura pour but d’encourager le gouvernement cubain à « améliorer les conditions de vie de ses citoyens ». Une approche vertement critiquée par ses détracteurs, qui considèrent cette démonstration politique comme une courbette devant un gouvernement cubain qui refuse toujours à ses citoyens le droit de voter librement, la liberté d’expression ou encore la liberté de réunion.

Marta Beatriz Roque, économiste cubaine, fait partie des sept prisonniers à qui les fonctionnaires de l’immigration ont annoncé la nouvelle dimanche dernier. Contactée hier par le Guardian, et bien que critique de la démarche du gouvernement cubain de n’accorder que ce seul et unique voyage, elle a expliqué avoir l’intention de se rendre le plus tôt possible aux États-Unis pour voir sa famille. Cependant, pas de doute selon elle, cette décision est entièrement motivée par la venue prochaine du président américain :

C’est une concession faite pour la visite d’Obama. Mais je pense que Cuba le fait aussi afin que certains d’entre nous se disent : « OK, si c’est la dernière fois que je peux voyager, je vais rester là-bas »

Jorge Olivera, journaliste et poète, fait aussi partie des bénéficiaires des bonnes grâces soudaines du gouvernement. Il a expliqué au Guardian être, pour sa part, en train de considérer une offre d’enseigner un an au sein d’une université américaine. Lui non plus n’achète pas une seconde la version des autorités cubaines : « Ils ont dit à certains d’entre nous que c’est parce que nous nous sommes bien comportés. En réalité, c’est totalement arbitraire. »

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