Inde : Nouvelle taxe sur les ventes automobiles pour lutter contre la pollution

 À l’occasion de son discours annuel sur le budget de l’Union, le ministre indien des Finances, Arun Jaitley, vient d’annoncer que son gouvernement imposera dorénavant un écoprélèvement (taxe) de 1% à l’achat de toute nouvelle voiture essence dans le pays. Objectif : lutter contre la pollution atmosphérique et réduire la congestion routière dans les villes indiennes.

(Photo Flickr/ Peder Sterll)
(Photo Flickr/ Peder Sterll)

L‘annonce a pris tout le monde de court. Et pour cause, en déclarant que le gouvernement indien imposera désormais 1% d’écoprélèvement à l’achat de tout véhicule essence neuf (2,5% à l’achat d’un diesel et 4% à l’achat d’un SUV), Arun Jaitley, le ministre indien des Finances, vient de porter un sérieux coup aux lobbies de l’industrie automobile du pays, comme l’explique le Guardian.

De leurs côtés, les défenseurs de l’environnement exultent, à raison. En effet, l’Inde est l’un des pays qui abritent quelques-unes des villes les plus polluées du monde. Selon un institut de recherche étasunien, l’Environmental Preference Index (EPI), le pays arriverait d’ailleurs à l’heure actuelle en 155e position sur 178 au classement des pays les plus pollués.

À New Delhi, la capitale indienne et ville la plus polluée du monde, les concentrations de particules fines dépassent régulièrement de quinze, voire de vingt fois les niveaux maximums recommandés aux États-Unis ou en Europe. Une situation catastrophique dont les émissions des véhicules seraient responsables à hauteur de 40%. Dans un tel contexte, cette taxe arrive donc à point nommé, comme l’explique dans les pages du Guardian Anumita Roychoudhry, du Center for Science and Environment de New Delhi :

C’est une avancée considérable. C’est ce dont nous avions besoin pour régler le problème de la distorsion de la taxe sur les carburants disponibles sur le marché, qui favorisait jusque-là les technologies polluantes et les diesels.

L’entrée en vigueur de la taxe, annoncée à l’occasion du discours annuel sur le budget de l’Union, est à effet immédiat. Tout comme les répercussions de l’annonce sur la bourse. En effet, de nombreux investisseurs auraient d’ores et déjà revendu les actions qu’ils possédaient dans l’industrie automobile indienne — on peut notamment penser aux mastodontes que sont Maruti Suzuki India Ltd et Tata Motors.

L’année dernière, plus de 3 millions de voitures étaient vendues en Inde, soit une augmentation de 6,4% par rapport à 2014, comme le rappelle CNN. Cette année, les analystes prévoyaient jusqu’alors 4,7% d’achats supplémentaires, une augmentation permise par la chute des prix de l’essence et la baisse des taux d’intérêt dans le pays.

La nouvelle taxe devrait générer près de 30 milliards roupies (environ 406 millions d’euros) de revenus supplémentaires pour l’État indien. Ce dernier a également indiqué qu’il comptait mettre en place une autre taxe, non corrélée, de 1% sur les ventes de voitures de luxe. Dans le même temps, le pays devrait dépenser au cours de l’année fiscale à venir près de 970 milliards de roupies (environ 13 milliards d’euros) afin d’étendre et d’entretenir ses infrastructures routières.

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